La progression de la maladie à virus Ebola en République démocratique du Congo ne constitue plus seulement un défi sanitaire. Pour la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), l’efficacité de la riposte dépend également de la confiance des populations, de la protection du personnel soignant et d’une meilleure mobilisation des moyens.
Dans un message adressé à la presse, l’épiscopat catholique affirme suivre avec attention l’évolution de la 17ᵉ épidémie d’Ebola, officiellement déclarée le 15 mai 2026 par les autorités sanitaires.
Le document, signé par Mgr Fulgence Muteba, archevêque de Lubumbashi et président de la CENCO, intervient alors que le bilan de l’épidémie a franchi le seuil de 3 000 décès dans le pays.
Des faiblesses qui compliquent la riposte
Au-delà des statistiques, la CENCO attire surtout l’attention sur les conditions dans lesquelles les équipes sanitaires tentent de contenir la propagation du virus.
Elle relève notamment l’insuffisance des équipements dans certaines structures sanitaires, les ruptures de stocks, le manque de matériel de protection dans certains sites ainsi que les difficultés financières et logistiques affectant la motivation du personnel de santé.
L’Église catholique s’inquiète également des actes de violence visant les agents sanitaires, un phénomène susceptible de fragiliser davantage les interventions dans les communautés touchées.
Pour la CENCO, ces difficultés montrent que la lutte contre Ebola exige non seulement des médicaments, des vaccins et des équipements, mais également un environnement permettant aux professionnels de santé d’exercer leur mission en toute sécurité.
La désinformation, un autre front de la lutte
L’épiscopat met particulièrement en garde contre les fausses informations qui circulent autour de la maladie.
Selon la CENCO, des informations incomplètes, des messages trompeurs ainsi que certaines croyances attribuant Ebola à la sorcellerie ou à un mauvais sort peuvent alimenter la méfiance et conduire certains malades ou leurs proches à éviter les structures sanitaires.
Cette situation place la communication communautaire au cœur de la riposte. Informer dans les langues comprises localement, associer les responsables communautaires, religieux et coutumiers et expliquer les mécanismes de transmission deviennent ainsi aussi importants que le déploiement des moyens médicaux.
L’Église catholique, grâce à son implantation dans de nombreuses communautés et à son réseau de structures sanitaires, éducatives et paroissiales, pourrait à ce titre constituer un relais important dans la sensibilisation des populations.
Une urgence sanitaire qui exige davantage de moyens
La dimension financière constitue également un enjeu majeur. L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) alerte sur les besoins de financement nécessaires pour soutenir les interventions sanitaires et prévenir une aggravation de la crise.
Au cours d’une réunion virtuelle d’information avec les États membres, l’organisation a insisté sur la nécessité de mobiliser davantage de ressources afin de maintenir les capacités de prévention, de surveillance et de prise en charge.
Pour la CENCO, l’enjeu dépasse donc la seule réponse médicale : il s’agit de construire une riposte dans laquelle l’État, les partenaires sanitaires, les communautés, les confessions religieuses et les professionnels de santé agissent de manière coordonnée.
Face à Ebola, la confiance devient ainsi une composante essentielle de la stratégie sanitaire. Sans adhésion des communautés, sans protection des soignants et sans information crédible, les moyens médicaux risquent de ne pas suffire à briser durablement les chaînes de transmission. Le
