https://letravailleur.net/backend/upload/profil/profil6a9c35d258cb8_1788622290.jpeg

RDC : Plus De 314 000 Agents Concernés Par L’accélération Des Mises à La Retraite.

Kinshasa, 5 septembre 2026 — Le Gouvernement de la République démocratique du Congo entend donner un nouveau rythme au processus de mise à la retraite des agents de carrière des services publics de l’État. Plus de 314 000 agents et fonctionnaires ayant atteint ou dépassé l’âge statutaire sont concernés par cette opération, selon les données communiquées par le ministère de la Fonction publique.


Cette accélération intervient sur instruction du Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, dans le cadre de la politique de modernisation et de rajeunissement de l’Administration publique conduite par le Gouvernement.


Plus de 21 000 départs depuis 2022


Depuis le lancement des opérations en 2022, plus de 21 000 agents ont déjà été admis à la retraite. Un chiffre qui reste toutefois limité au regard des plus de 314 000 agents actuellement identifiés comme ayant atteint ou dépassé l’âge statutaire.


Le ministère souligne que parmi ces derniers figurent des agents septuagénaires, octogénaires et même, dans certains cas, centenaires qui continueraient d’exercer leurs fonctions.


Cette situation est présentée par les autorités comme un obstacle au renouvellement générationnel et à la modernisation de l’appareil administratif. Elle pose également la question de la capacité de l’État à organiser simultanément les départs, à garantir les droits des retraités et à assurer la relève dans les services concernés.


Une quatrième vague engagée


Le Gouvernement a ainsi engagé une quatrième vague de mises à la retraite. Un premier groupe d’agents est admis au départ suivant les procédures correspondant à leurs grades, notamment par décret de la Première ministre ou par ordonnance présidentielle, sur proposition du Vice-Premier ministre chargé de la Fonction publique, Jean-Pierre Lihau.


L’objectif affiché ne consiste donc pas seulement à libérer des postes. L’enjeu est également de permettre aux agents ayant servi l’État pendant plusieurs décennies de quitter l’administration dans des conditions dignes, tout en ouvrant progressivement la voie au renouvellement des effectifs.


Le défi des droits sociaux des retraités


L’accélération annoncée devra cependant être accompagnée d’un dispositif financier et administratif à la hauteur de l’opération. Mettre plusieurs centaines de milliers d’agents à la retraite implique notamment de sécuriser leurs dossiers, leurs indemnités de fin de carrière et le paiement régulier de leurs pensions.


C’est sur ce terrain que sera particulièrement évaluée la réforme : une mise à la retraite ne peut être considérée comme réussie si elle se limite à retirer l’agent des effectifs sans lui garantir effectivement les droits acquis au terme de sa carrière.


Parallèlement, le rajeunissement recherché devra s’appuyer sur une politique transparente de recrutement et de gestion des ressources humaines afin d’éviter que les départs massifs ne créent des déficits de compétences dans certains services stratégiques.


Moderniser sans précariser


Avec plus de 314 000 agents concernés contre 21 000 départs réalisés depuis 2022, l’ampleur du chantier reste considérable. L’accélération annoncée pourrait constituer une étape majeure de la réforme de l’Administration publique congolaise, à condition de concilier trois impératifs : respecter les droits des anciens agents, organiser la relève générationnelle et améliorer réellement la performance des services publics.


Au-delà des chiffres, la réussite de cette politique se mesurera donc à la capacité de l’État à transformer le départ à la retraite en une transition sociale digne pour les anciens fonctionnaires et en une véritable opportunité de renouvellement pour l’Administration publique.


Le Travailleur