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RDC : Après Le Drame De Kinshasa, Shabani Ordonne Le Contrôle Systématique Des Salles De Fête.

Kinshasa, 5 septembre 2026 — Le Vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires coutumières, Jacquemain Shabani Lukoo Bihango, a ordonné aux autorités compétentes de procéder sans délai au contrôle systématique des salles de fête et autres espaces destinés aux manifestations publiques et activités de loisirs sur l’ensemble du territoire de la République démocratique du Congo.


Cette mesure intervient à la suite de la récurrence des incendies ayant entraîné des pertes en vies humaines et prend une dimension particulière après le récent drame survenu dans une salle de fête à Kinshasa.


Dans un message officiel daté du 5 septembre 2026, adressé notamment aux gouverneurs de province, le patron de la territoriale demande de mobiliser la Direction générale de la protection civile ainsi que les services de sécurité afin de vérifier le respect des normes dans les établissements concernés.


Fermeture immédiate des établissements non conformes


L’instruction ne se limite pas à une opération d’identification. Le Vice-Premier ministre ordonne explicitement « la fermeture immédiate de tout lieu ne répondant pas aux normes ».


Cette décision place ainsi les exploitants des salles de fête face à leurs responsabilités en matière de prévention des incendies et de protection du public. Les contrôles devraient notamment permettre d’établir si les infrastructures destinées à accueillir de nombreuses personnes présentent des garanties suffisantes de sécurité.


Au-delà de l’existence d’extincteurs, la prévention des catastrophes suppose notamment des voies d’évacuation fonctionnelles, des sorties de secours accessibles, une capacité d’accueil adaptée et des installations électriques sécurisées. Ces éléments deviennent particulièrement déterminants lorsqu’un incendie se déclare dans un espace fermé accueillant plusieurs dizaines ou centaines de personnes.


Kinshasa sommée de présenter un rapport sous 15 jours


Le message officiel insiste particulièrement sur la capitale. Un rapport est attendu dans un délai de 15 jours pour Kinshasa, compte tenu des conséquences de la récente catastrophe.


Cette exigence traduit la volonté du Gouvernement de passer d’une réaction ponctuelle après les drames à un dispositif de contrôle plus systématique. Reste cependant la question de l’application effective de ces instructions sur le terrain.


Car l’enjeu ne sera pas uniquement de fermer temporairement quelques établissements après une catastrophe. Il s’agira surtout d’instaurer des contrôles réguliers, d’imposer des critères précis avant l’ouverture des salles accueillant du public et de sanctionner durablement les exploitants qui mettent leurs clients en danger.


Le drame relance la question de la prévention


La décision intervient alors que Kinshasa vient d’être endeuillée par un incendie dans une salle de fête lors d’une célébration de mariage. Huit personnes, dont cinq femmes et trois hommes, ont perdu la vie, selon les premiers éléments rapportés autour du drame. Parmi les victimes figure Guy Kitoko, cameraman de la Radio-Télévision nationale congolaise (RTNC).


Les circonstances rapportées ont notamment soulevé des interrogations sur les possibilités d’évacuation, l’aération des lieux et les dispositifs permettant de réagir rapidement à la propagation du feu et de la fumée.


Cette catastrophe remet ainsi au premier plan une problématique plus large : la sécurité des établissements recevant du public dans une mégapole comme Kinshasa.


L’instruction de Jacquemain Shabani constitue une première réponse administrative. Son efficacité se mesurera toutefois au nombre d’établissements effectivement contrôlés, aux irrégularités corrigées et, surtout, à la capacité des autorités à maintenir ces exigences au-delà de l’émotion provoquée par le drame.


La véritable épreuve commence donc après l’instruction : faire de la prévention une obligation permanente plutôt qu’une réaction aux catastrophes.


Le Travailleur