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Équateur : Après Le Retour De Jonas Mukamba à Mbandaka, L’AJMD Et Le GREC Misent Sur La Jeunesse Et Le Capital Humain.

Mbandaka — Le rapprochement entre l’Action Jonas Mukamba pour le développement (AJMD) et le Groupe de réflexion des élites du Congo (GREC) de l’Équateur pourrait marquer une nouvelle étape dans les initiatives sociales portées autour du sénateur Jonas Mukamba Kadiata Nzemba dans cette province.


Réunies dimanche à Mbandaka, les deux structures ont posé les bases d’une collaboration centrée notamment sur l’encadrement de la jeunesse, la formation professionnelle, la promotion de l’élite congolaise et l’investissement dans le capital humain.


« La bonne collaboration, la fidélité et le respect des engagements constituent le point de départ de notre travail avec le GREC », a déclaré Me Peter Ikina, coordonnateur national adjoint de l’AJMD.


Au-delà de la déclaration d’intention, ce partenariat intervient dans un contexte particulier : celui du récent retour à Mbandaka du sénateur Jonas Mukamba, élu de l’Équateur et figure historique de la province.


Un retour à Mbandaka sous le signe du social


Jonas Mukamba Kadiata Nzemba est arrivé à Mbandaka le 25 août 2026 dans le cadre de ses vacances parlementaires. Son déplacement avait été annoncé comme une mission orientée vers la proximité, le social, la jeunesse et le développement local. 


Le programme annoncé avant son arrivée comportait notamment la remise de 500 brevets à des lauréats de l’Institut national de préparation professionnelle (INPP), la visite de centres de formation professionnelle destinés aux jeunes, des initiatives liées aux toilettes publiques dans les marchés ainsi que des activités en faveur de jeunes formés aux techniques audiovisuelles. 


Cette présence sur le terrain revêt également une dimension politique. Jonas Mukamba avait fait l’objet, quelques mois auparavant, de critiques publiques concernant sa présence dans sa circonscription pendant les vacances parlementaires. Un média local avait notamment interrogé, en mars 2026, sa capacité à rendre compte de ses vacances parlementaires en raison de ce qu’il présentait comme des absences répétées sur le terrain. Il s’agissait toutefois d’accusations médiatiques et non d’un constat institutionnel établi. 


Son déplacement d’août peut donc être lu non seulement comme un retour vers sa base électorale, mais aussi comme une occasion de renforcer la proximité entre l’élu et les populations qu’il représente.


Du prestige historique à l’obligation de résultats


Jonas Mukamba occupe une position particulière dans l’histoire politique de l’Équateur. Bien qu’originaire du Kasaï, il a dirigé l’ancienne province de l’Équateur à deux reprises, entre 1967 et 1968 puis entre 1980 et 1983. Son élection comme sénateur de l’Équateur en 2024 avait été interprétée comme la persistance de cet ancrage historique auprès d’une partie des élites provinciales. 


Mais cet héritage constitue également une exigence.


Dans une province confrontée au chômage des jeunes, au déficit d’infrastructures, à la faiblesse de la transformation locale et aux difficultés d’accès à une formation professionnelle débouchant effectivement sur l’emploi, le prestige d’une personnalité politique ou la multiplication des associations ne peuvent constituer une politique de développement à eux seuls.


C’est précisément à ce niveau que le partenariat AJMD–GREC devra être évalué.


Former des jeunes constitue une première étape. Encore faut-il déterminer à quels métiers, selon quels besoins économiques locaux et avec quelles perspectives d’insertion.


L’enjeu n’est donc pas seulement de distribuer des brevets ou d’organiser des sessions de formation, mais de créer une chaîne cohérente : formation – qualification – financement – entrepreneuriat – emploi – production locale.


Le capital humain comme levier de développement


L’orientation retenue par l’AJMD et le GREC autour du capital humain est d’autant plus pertinente que l’Équateur cherche actuellement à identifier de nouvelles opportunités économiques.


Lors d’un séminaire organisé début septembre à Mbandaka autour du partenariat stratégique RDC–États-Unis, plusieurs pistes de développement pour la province ont été évoquées : infrastructures routières et portuaires, énergie, hévéa, transformation du caoutchouc, industrie locale et création d’emplois. 


Une telle ambition suppose cependant une main-d’œuvre formée.


Le véritable défi pour l’AJMD et le GREC sera donc de connecter leurs programmes aux besoins économiques réels de l’Équateur : agriculture et transformation agroalimentaire, métiers techniques, numérique, maintenance, construction, énergie, entrepreneuriat, logistique et activités liées au potentiel fluvial de la province.


Une formation qui ne débouche ni sur un emploi, ni sur une activité économique viable risque de produire davantage de diplômés ou de brevetés sans perspectives.


Une dynamique qui dépasse Jonas Mukamba


Le retour de Jonas Mukamba intervient par ailleurs dans une période où plusieurs élus et notables de l’Équateur cherchent à matérialiser leur présence par des investissements sociaux.


Quelques jours avant son arrivée, un marché moderne de 300 places avait notamment été inauguré à Ebendjola à l’initiative du sénateur Jean-Claude Baende. L’infrastructure comprend notamment un dépôt, des installations sanitaires, un forage d’eau et des locaux administratifs. 


Cette multiplication d’initiatives peut être positive si elle installe une forme d’émulation entre les représentants de la province.


Mais le développement de l’Équateur ne peut reposer durablement sur la générosité individuelle des élus.


Les œuvres sociales peuvent répondre à des urgences ; elles ne sauraient remplacer une politique publique structurée concernant les routes, l’électricité, l’eau, les infrastructures scolaires et sanitaires, l’agriculture, l’industrialisation et la création massive d’emplois.


AJMD–GREC : le véritable test commence maintenant


Le partenariat annoncé à Mbandaka doit ainsi être considéré comme un point de départ plutôt que comme un aboutissement.


Pour acquérir une véritable portée, il devra se traduire par des objectifs mesurables : nombre de jeunes formés, taux d’insertion professionnelle, entreprises créées, projets financés, partenariats conclus avec les institutions de formation et investissements effectivement réalisés.


C’est sur ces indicateurs que l’initiative pourra être jugée.


Le récent passage de Jonas Mukamba à Mbandaka aura alors une portée dépassant la seule mobilisation autour d’une figure historique de l’Équateur : il pourrait devenir le point de départ d’une transmission entre générations, dans laquelle l’expérience des anciens servirait à ouvrir des perspectives économiques aux jeunes.


À Mbandaka, le défi n’est donc plus seulement de célébrer l’héritage de Jonas Mukamba, mais de savoir ce que cet héritage peut encore produire pour la génération qui cherche aujourd’hui formation, travail et avenir.


Le Travailleur