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Kwamouth : L’installation Controversée De Chefs Coutumiers Ravive Les Inquiétudes Sur L’autorité De L’État.

Dans plusieurs villages du territoire de Kwamouth, au Maï-Ndombe, des personnes auraient été installées comme chefs coutumiers par des éléments présentés localement comme réfractaires au processus de désarmement et de démobilisation. Une situation dénoncée par des autorités coutumières reconnues, qui redoutent une consolidation de l’emprise de groupes liés au phénomène Mobondo.


Des inquiétudes refont surface dans le territoire de Kwamouth, dans la province du Maï-Ndombe. Selon des sources locales, de nouveaux chefs coutumiers auraient été installés en début de semaine dans plusieurs villages par des éléments présentés comme réfractaires au processus de désarmement et de démobilisation.


Ces installations seraient notamment signalées à Mbutie et Kimomo, alors que plusieurs chefs coutumiers reconnus par les communautés et les autorités compétentes demeurent éloignés de leurs juridictions en raison de l’insécurité.


Contraints de quitter leurs villages au plus fort des violences, certains responsables coutumiers vivent depuis plusieurs années dans des localités plus sûres, notamment à Mongata.


Des autorités coutumières dénoncent une prise de contrôle


Pour les chefs coutumiers concernés, l’installation de nouvelles autorités en leur absence ne constitue pas un simple problème de succession traditionnelle. Elle pose la question du contrôle territorial et du rétablissement de l’autorité de l’État dans les zones touchées par les violences.


Le chef coutumier Stany Liie, qui affirme être éloigné de sa juridiction depuis plus de quatre ans, estime que ces événements démontrent la persistance des activités d’éléments liés au phénomène Mobondo.


Il dénonce ce qu’il considère comme une occupation de villages accompagnée de l’éviction des autorités coutumières reconnues.


Ces accusations appellent toutefois une vérification par les autorités administratives et sécuritaires compétentes, notamment sur l’identité des personnes ayant procédé aux installations, le statut exact des nouveaux chefs ainsi que les circonstances dans lesquelles ils auraient été désignés.


Un enjeu qui dépasse la chefferie


La situation soulève une question sécuritaire majeure. Dans les zones rurales, l’autorité coutumière joue un rôle essentiel dans l’administration des communautés, la médiation des conflits et les rapports entre la population et les institutions publiques.


L’installation d’autorités parallèles dans des villages abandonnés par leurs chefs légitimes pourrait ainsi contribuer à créer une administration de fait, susceptible de compliquer davantage la restauration de l’autorité publique.


Si ces informations sont confirmées, elles montreraient également les limites d’une pacification reposant uniquement sur le désarmement. La stabilisation de Kwamouth suppose aussi la restauration des institutions locales, la sécurisation durable des villages et le retour des populations déplacées.


Appel au renforcement de la sécurité


Stany Liie demande aux pouvoirs publics de renforcer la présence effective des forces de défense et de sécurité dans les zones concernées.


Il plaide également pour la création de conditions sécuritaires permettant aux populations déplacées de regagner leurs villages et aux chefs coutumiers reconnus de retrouver leurs juridictions.


Car le retour des autorités traditionnelles sans celui des habitants ne suffirait pas à normaliser la situation. Inversement, demander aux populations de rentrer dans des zones où l’autorité publique demeure fragile pourrait les exposer à de nouvelles violences.


Le défi du retour durable de l’État


Après plusieurs années de violences liées au phénomène Mobondo, Kwamouth reste confronté à un défi qui dépasse la seule question militaire : qui exerce réellement l’autorité dans les villages ?


La réponse de l’État devra donc combiner sécurité, désarmement effectif, restauration de l’administration territoriale, règlement des contentieux coutumiers et accompagnement du retour des déplacés.


L’installation controversée de chefs dans certains villages constitue, à cet égard, un signal préoccupant. Si elle est officiellement établie, elle pourrait signifier que le vide laissé par le déplacement des populations et des autorités légitimes est progressivement occupé par des structures parallèles.


Pour Kwamouth, la paix ne pourra être considérée comme durable que lorsque les populations pourront rentrer chez elles en sécurité et que l’autorité de l’État, ainsi que les institutions coutumières légalement reconnues, pourront de nouveau fonctionner normalement.


Le Travailleur