La préparation du Budget 2027 de la République démocratique du Congo entre dans une phase déterminante. Depuis le 2 septembre, le Vice-Premier ministre chargé du Budget, Adolphe Muzito, conduit des consultations avec les responsables des différents secteurs afin d’examiner leurs besoins et les enveloppes proposées avant les derniers arbitrages.
L’exercice est technique. Il est aussi profondément social.
Car derrière les tableaux de recettes et de dépenses se trouvent des questions qui concernent directement des millions de Congolais : salaires des agents publics, création d’emplois, santé, éducation, infrastructures, agriculture, soutien aux entreprises et protection du pouvoir d’achat.
La préparation du Budget 2027 de la République démocratique du Congo entre dans une phase déterminante. Depuis le 2 septembre, le Vice-Premier ministre chargé du Budget, Adolphe Muzito, conduit des consultations avec les responsables des différents secteurs afin d’examiner leurs besoins et les enveloppes proposées avant les derniers arbitrages.
L’exercice est technique. Il est aussi profondément social.
Car derrière les tableaux de recettes et de dépenses se trouvent des questions qui concernent directement des millions de Congolais : salaires des agents publics, création d’emplois, santé, éducation, infrastructures, agriculture, soutien aux entreprises et protection du pouvoir d’achat.
C’est à ce niveau que le Budget 2027 devra être évalué.
Après les ajustements de 2026
Le prochain budget est préparé dans un contexte particulier. La loi de finances initiale 2026 avait arrêté le budget à environ 54 335,7 milliards de francs congolais, soit quelque 22 milliards USD.
Mais l’évolution de la conjoncture a conduit le Gouvernement à présenter en cours d’année un collectif budgétaire ramenant initialement les prévisions à environ 50 295 milliards de FC, soit une réduction de 7,4 % en francs congolais par rapport au budget initial.
Cette expérience rappelle une évidence : un budget ambitieux n’a de portée que si les recettes prévues sont effectivement mobilisées et si les dépenses annoncées sont exécutées.
Le défi de 2027 ne sera donc pas uniquement de présenter un montant élevé, mais de construire un budget crédible et exécutable.
Mobiliser davantage sans étouffer l’activité économique
Pour financer ses ambitions, l’État devra améliorer ses recettes.
En août, dans le cadre des arbitrages préparatoires, Adolphe Muzito a demandé aux ministères disposant de services d’assiette de renforcer leur présence sur le terrain et leurs capacités afin d’accroître la mobilisation des ressources publiques.
Mais cette mobilisation doit éviter une dérive bien connue du monde des affaires : faire supporter l’effort fiscal principalement aux entreprises et contribuables déjà identifiés, pendant que certaines activités échappent encore au fisc.
Pour les petites et moyennes entreprises, la multiplication des taxes et contrôles peut réduire les capacités d’investissement et d’embauche.
Une politique fiscale efficace doit donc rechercher un équilibre : élargir l’assiette, lutter contre la fraude et les fuites de recettes, simplifier les procédures et sécuriser les entreprises qui travaillent dans la légalité.
L’emploi doit devenir une dépense productive
Un signal existe déjà dans le budget rectificatif 2026 : parmi les nouvelles orientations présentées figurait le financement d’un programme présidentiel pour l’emploi des jeunes évalué à 150 millions USD, parallèlement aux infrastructures de base et au PDL-145 Territoires.
Cette orientation mérite d’être prolongée et surtout évaluée.
Le véritable indicateur ne devrait pas être seulement le montant budgété, mais le nombre d’emplois effectivement créés, leur durée, leur rémunération et leur répartition géographique.
Un emploi temporaire de quelques semaines et un emploi durable permettant à une famille de vivre ne produisent pas le même effet économique.
Le salaire est aussi un instrument économique
La question de la rémunération des travailleurs publics mérite également d’être regardée sous l’angle économique.
Un salaire versé régulièrement permet au ménage de consommer, de payer le transport, le logement, la scolarité et les soins. Cette consommation alimente à son tour les commerces et les petites entreprises.
À l’inverse, les retards de rémunération et la faiblesse du revenu disponible fragilisent la demande intérieure.
C’est pourquoi la question des agents publics non payés, examinée dans les arbitrages budgétaires, dépasse la seule Fonction publique : elle concerne également le fonctionnement de l’économie nationale.
Des infrastructures, mais lesquelles ?
Les investissements publics constituent un autre levier majeur.
Routes, électricité, eau, infrastructures agricoles et voies de transport peuvent réduire les coûts supportés par les entreprises et améliorer la productivité des travailleurs.
Mais l’efficacité économique d’une infrastructure ne devrait pas uniquement être appréciée au moment de son inauguration.
Il faut également mesurer combien d’emplois elle a générés, combien d’entreprises locales ont participé à sa réalisation, quelle activité économique elle rend possible et combien coûte son entretien futur.
C’est cette logique de résultat qui permet de transformer la dépense publique en investissement productif.
Le travailleur doit pouvoir lire le budget
Le ministère du Budget présente d’ailleurs son Budget citoyen comme un instrument destiné à expliquer simplement comment les ressources publiques sont mobilisées et réparties entre l’éducation, la santé, les infrastructures, la sécurité et d’autres priorités.
Cette transparence est essentielle.
Mais elle devrait aller plus loin : le citoyen doit pouvoir comparer les prévisions, les crédits effectivement débloqués et les résultats obtenus.
Pour un travailleur, savoir que plusieurs milliards ont été affectés à un programme ne suffit pas. Il doit pouvoir constater ce que cette dépense a changé dans son quotidien.
Un budget à juger sur ses résultats
Le Gouvernement présente la préparation du Budget 2027 dans une perspective de stabilité macroéconomique, de développement des infrastructures, de souveraineté nationale et d’amélioration des conditions sociales.
Ces orientations devront maintenant se traduire dans les arbitrages.
Pour Le Travailleur, quatre indicateurs permettront notamment d’en mesurer la portée : combien d’emplois seront créés ? Combien de travailleurs seront effectivement rémunérés ? Quel soutien sera apporté à la production nationale ? Et les dépenses publiques contribueront-elles réellement à améliorer le pouvoir d’achat ?
Un budget n’est pas seulement un équilibre comptable entre recettes et dépenses.
C’est aussi un choix de société. Et sa réussite se mesure finalement à ce qu’il change dans la vie de celui qui travaille.
Belo
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