Kinshasa — Face à la multiplication des incendies dans la capitale congolaise, le Président de la République, Félix Tshisekedi, a appelé le Gouvernement à dépasser la gestion ponctuelle des sinistres pour mettre en place une réponse urgente, coordonnée et durable. Le Chef de l’État a soulevé cette préoccupation lors du 98e Conseil des ministres, dont le compte rendu a été présenté vendredi 11 septembre 2026 à la télévision nationale.
Selon le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, le Président de la République s’inquiète particulièrement de la fréquence des incendies et de leurs conséquences humaines et matérielles.
« Le Président de la République a attiré l’attention du Gouvernement sur la recrudescence préoccupante des incendies dans la ville de Kinshasa, dont la fréquence et les conséquences souvent dramatiques appellent de notre part une réponse urgente, coordonnée et durable », a rapporté Patrick Muyaya.
Une succession de sinistres
Cette interpellation intervient après plusieurs incendies enregistrés ces derniers jours dans différents quartiers de Kinshasa.
Le Chef de l’État a notamment évoqué l’incendie meurtrier survenu dans la nuit du 4 au 5 septembre dans une salle de fête à Lingwala. Ce drame, particulièrement lourd en pertes humaines, a remis au centre du débat la question des normes de sécurité dans les établissements accueillant du public.
Le compte rendu du Conseil des ministres mentionne également l’incendie qui a touché, le 7 septembre, le Petit Collège Saint-Pierre, dans la commune de Kinshasa, ainsi qu’un autre sinistre déclaré le même jour dans une parcelle abritant la salle de fête « Bonne Auberge », à Limete.
Félix Tshisekedi a déploré les pertes en vies humaines et les importants dégâts matériels provoqués par ces différents incendies. Il a présenté ses condoléances aux familles endeuillées et exprimé sa solidarité envers toutes les personnes affectées.
Kinshasa confrontée à un problème de prévention
Au-delà de l’émotion suscitée par ces drames, leur répétition pose désormais une question de politique publique : Kinshasa dispose-t-elle d’un dispositif suffisamment efficace de prévention, de contrôle et d’intervention contre les incendies ?
Dans une mégapole caractérisée par une forte densité démographique, l’expansion parfois désordonnée de l’habitat et la multiplication des établissements recevant du public, la prévention devrait constituer la première ligne de défense.
Les contrôles doivent notamment porter sur les installations électriques, les issues de secours, les extincteurs, les voies d’évacuation et l’accessibilité des bâtiments aux services d’intervention.
Les salles de fête, écoles, marchés, dépôts, immeubles commerciaux et autres établissements accueillant quotidiennement un grand nombre de personnes devraient faire l’objet d’inspections régulières et rigoureuses.
Passer de la réaction à la prévention
L’interpellation présidentielle pourrait ainsi constituer un tournant si elle débouche sur des mesures concrètes.
La réponse ne devrait pas se limiter à intervenir après chaque catastrophe. Elle suppose également de renforcer les capacités opérationnelles des services anti-incendie, de cartographier les zones et établissements à risque, de contrôler effectivement le respect des normes de sécurité et de sanctionner les exploitants qui exposent leurs clients ou travailleurs à des dangers évitables.
Pour les autorités provinciales comme nationales, l’enjeu est désormais de transformer l’instruction présidentielle en mécanisme permanent de prévention.
Car après plusieurs drames successifs, Kinshasa ne peut plus considérer les incendies comme de simples accidents isolés. Leur répétition impose désormais une véritable politique de sécurité incendie, capable de protéger les vies humaines avant que les sirènes des secours ne retentissent. Le Travailleur
