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Équateur 1 : Fin De La Grève Dans Les écoles, Pas De La Bataille Sociale Des Enseignants.

Les enseignants de la province éducationnelle Équateur 1 reprennent le chemin de l’école ce lundi 14 septembre 2026, après près de deux semaines de mouvement de grève. La décision de suspendre la cessation collective du travail a été prise samedi 12 septembre à Mbandaka, au cours d’une assemblée générale de la Dynamique des syndicats des enseignants.


Cette décision ne signifie toutefois pas la fin des revendications. Elle traduit plutôt un changement de stratégie : assurer la continuité des enseignements dans la province tout en poursuivant la pression sur le Gouvernement au niveau national.


Une grève qui peinait à être suivie


Selon les responsables syndicaux, plusieurs écoles publiques ont continué à fonctionner depuis le déclenchement de la grève, le 1er septembre. Une majorité d’enseignants se serait présentée à son poste, réduisant ainsi l’impact du mouvement.


Face à ce constat, les syndicats ont estimé nécessaire de suspendre la grève dans l’Équateur 1.


« Tous les enseignants sont appelés à reprendre le chemin de l’école dès ce lundi sur l’ensemble de la province de l’Équateur », a déclaré François Mukadi Kashama, porte-parole de la Dynamique des quatre syndicats des enseignants.


La mobilisation devrait désormais se déplacer vers Kinshasa, où les représentants syndicaux entendent poursuivre les négociations avec les autorités nationales. Des sit-in, des marches ainsi que des rencontres avec le ministère de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté figurent parmi les actions envisagées.


Les non-mécanisés au cœur du problème


Au-delà de la suspension de la grève, le fond du malaise reste entier. Les enseignants réclament notamment la prise en charge salariale de leurs collègues non mécanisés et non payés, dont certains travaillent depuis plusieurs années sans bénéficier effectivement d’une rémunération de l’État.


Ils exigent également une augmentation du salaire de base à l’équivalent de 500 dollars américains par mois, l’attribution des numéros matricules de la Fonction publique et la suppression des disparités salariales entre les enseignants des grandes villes et ceux affectés dans les territoires et secteurs.


La question du mode de paiement en fonction du lieu d’affectation figure également parmi les préoccupations soulevées.


Reprendre les cours sans renoncer aux droits


Pour Le Travailleur, la suspension de la grève doit donc être comprise comme une trêve sociale plutôt que comme un règlement du conflit. Le retour dans les salles de classe permet de préserver le droit des élèves à l’éducation, mais il ne saurait effacer les difficultés auxquelles les enseignants sont confrontés.


La reprise constitue désormais une occasion pour le Gouvernement et les partenaires sociaux d’engager un dialogue susceptible de déboucher sur des engagements précis, réalisables et assortis d’un calendrier.


Car demander aux enseignants de reprendre les cours ne suffit pas. Encore faut-il apporter des réponses durables à ceux qui enseignent sans être mécanisés, à ceux qui attendent leur matricule et à ceux qui considèrent leur rémunération insuffisante au regard de leurs responsabilités.


À Mbandaka, la mobilisation avait commencé dans un contexte tendu. La marche des enseignants prévue le 1er septembre avait été empêchée par la police, avant que les professionnels de la craie ne décident d’engager leur mouvement de grève.


Avec la reprise annoncée ce lundi, les élèves retrouvent leurs enseignants, mais le dossier social, lui, reste ouvert.


Le Travailleur