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RDC : Muyaya, Fayulu Et Mushobekwa Confrontent Leurs Visions Du Dialogue National à La CENCO.

Kinshasa, 16 septembre 2026 — Le dialogue national initié par le président Félix Tshisekedi s’est invité au cœur de la Journée Justice et Paix 2026, organisée ce mercredi au Centre interdiocésain de Kinshasa par la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO).


Trois personnalités issues de courants politiques différents ont été conviées à échanger sur les enjeux de cette initiative : Patrick Muyaya, ministre de la Communication et Médias et porte-parole du Gouvernement ; Martin Fayulu, figure de l’opposition ; et Marie-Ange Mushobekwa, ancienne ministre et cadre du Front commun pour le Congo (FCC), selon l’annonce publiée par la CENCO.


La rencontre intervient dans un climat politique particulièrement animé, au lendemain de la marche organisée par la coalition C64 à Kinshasa et dans plusieurs villes pour s’opposer à une éventuelle modification de la Constitution. Les lectures de cette mobilisation divergent entre le Gouvernement et les organisateurs. 


Un dialogue, mais des conceptions différentes


Pour le Gouvernement, le processus annoncé par le chef de l’État doit constituer un cadre consacré à la paix, à l’unité nationale et à la recherche de solutions aux problèmes du pays. Patrick Muyaya avait précédemment précisé que les consultations devraient partir des provinces avant une phase finale à Kinshasa, tout en excluant les groupes armés du cadre national. 


Du côté de l’opposition, Martin Fayulu défend également le principe d’un dialogue, mais insiste sur son caractère véritablement inclusif et sur la nécessité qu’il s’attaque aux causes profondes de la crise congolaise. Ses positions sur les modalités du processus diffèrent donc de celles défendues par le pouvoir.


Marie-Ange Mushobekwa soutient, pour sa part, une conception plus large de l’inclusivité. Elle s’est récemment prononcée pour la participation de l’AFC/M23, estimant qu’une résolution durable de la crise sécuritaire suppose de discuter avec les protagonistes du conflit. Cette position soulève notamment la question de l’articulation entre recherche de la paix, responsabilité judiciaire et sort des victimes. 


La CENCO comme espace de confrontation des idées


En réunissant autour d’une même table une voix du Gouvernement et deux personnalités issues de sensibilités politiques différentes, la CENCO offre surtout un espace de confrontation pacifique des approches sur une question centrale : qui doit participer au dialogue, dans quel cadre, avec quelle médiation et pour quels objectifs ?


L’enjeu dépasse ainsi la simple tenue des assises. Il porte également sur les garanties d’inclusivité, la confiance entre acteurs politiques, la place des questions sécuritaires et institutionnelles ainsi que l’articulation avec les processus diplomatiques consacrés au conflit dans l’Est.


Cette rencontre au Centre interdiocésain intervient d’ailleurs alors que l’épiscopat catholique multiplie les échanges avec différentes composantes politiques et sociales autour des conditions susceptibles de favoriser un processus inclusif. 


Pour la CENCO, la Journée Justice et Paix 2026 devient ainsi un espace où les divergences sur le dialogue national peuvent être exposées publiquement : non pour les effacer, mais pour mieux cerner les conditions dans lesquelles les Congolais pourraient parvenir à un cadre politique partagé.


Le Travailleur