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KWANGO : Salaires Impayés, Les Enseignants De Popokabaka Durcissent Le Ton.

Un autre front social s’est ouvert dans le secteur de l’enseignement. À Popokabaka, dans la province du Kwango, des enseignants réclament le paiement des salaires de juin et septembre 2026 et ont annoncé une grève sèche jusqu’à la satisfaction de leurs revendications. 


La décision a été prise lors d’une assemblée générale organisée le 23 septembre à Popokabaka pour évaluer les conditions de travail des enseignants et la situation de leur rémunération.


Dans une correspondance adressée au gouverneur du Kwango, les enseignants font état de retards de paiement et évoquent également des irrégularités dans le processus de paie. Ils réclament notamment le paiement des rémunérations dues ainsi qu’une modification du dispositif de paie de Popokabaka. 


Quand le retard salarial menace l’école


Cette contestation intervient quelques semaines seulement après la rentrée scolaire 2026-2027. Elle illustre une nouvelle fois le lien direct entre les conditions sociales des enseignants et le fonctionnement normal des établissements scolaires.


Un enseignant qui accumule plusieurs semaines ou plusieurs mois sans percevoir régulièrement son salaire se retrouve confronté à des difficultés qui dépassent le cadre professionnel : logement, alimentation, transport, scolarité des enfants et autres charges familiales.


Les conséquences finissent inévitablement par atteindre l’école elle-même.


Les enseignants concernés appellent ainsi leurs collègues à rester à domicile et demandent la fermeture des écoles jusqu’à nouvel ordre. 


Mais la situation place également les élèves et leurs familles dans une position difficile. Chaque journée sans cours accentue le risque de perturbation du calendrier scolaire.


Une question qui dépasse Popokabaka


Le dossier de Popokabaka rappelle les tensions qui ont accompagné la rentrée scolaire dans plusieurs parties du pays.


Le 12 septembre, la Synergie des syndicats des enseignants de la RDC avait décidé de suspendre son mouvement de grève et appelé à la reprise des cours, tout en affirmant que plusieurs revendications demeuraient sans réponse. Elle citait notamment l’amélioration des salaires, la prise en charge des enseignants non payés et la sécurisation de leur carrière.


La contestation de Popokabaka montre donc que la reprise des cours n’a pas fait disparaître toutes les tensions sociales dans le secteur éducatif.


Pour éviter que les conflits de paie ne se transforment régulièrement en mouvements de grève, les autorités sont confrontées à un enjeu majeur : sécuriser et régulariser la rémunération des enseignants tout en maintenant un dialogue permanent avec leurs représentants.


L’ŒIL DU TRAVAILLEUR


Du transport routier à l’enseignement, les revendications enregistrées ces derniers jours ont un point commun : le salaire et les conditions de travail restent au centre du dialogue social en RDC.


Lorsque les mécanismes de négociation n’apportent pas rapidement de réponses, la menace de grève devient le principal moyen de pression des travailleurs. Mais une paralysie prolongée pénalise aussi les usagers, les élèves, les entreprises et, finalement, l’économie.


Le défi consiste donc à faire du dialogue social un mécanisme permanent de prévention des crises plutôt qu’un instrument activé seulement lorsque la grève est déjà aux portes.


Le Travailleur