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RDC : Katebe Katoto Charge Son Frère Moïse Katumbi Et Soutient Plusieurs Mandats Pour Tshisekedi.

La rupture politique entre Raphaël Soriano Katebe Katoto et son frère Moïse Katumbi s’affiche désormais publiquement. Dans une récente interview, l’homme d’affaires a vivement relativisé le poids politique de l’ancien gouverneur du Katanga, tout en défendant une évolution de la Constitution et la poursuite de Félix Tshisekedi au pouvoir au-delà des deux mandats actuels.


Interrogé sur les positions de son frère, Katebe Katoto refuse de lui accorder une importance particulière. « Nous sommes 110 millions de Congolais. Qu’est-ce qu’il représente ? Rien du tout », affirme-t-il, avant d’accuser plus largement les opposants d’être « à la recherche de postes ».


Cette sortie intervient dans un contexte déjà tendu entre les deux frères, engagés parallèlement dans un contentieux judiciaire. Une procédure concernant notamment plusieurs propriétés fait actuellement l’objet d’une bataille devant la justice.


Katebe désormais favorable au changement de Constitution


Mais la divergence familiale prend surtout une dimension politique. Après avoir remis au président Félix Tshisekedi les conclusions des consultations qu’il a conduites dans le Katanga, Katebe Katoto s’est prononcé ouvertement en faveur d’un changement de la Constitution. 


Il estime que le peuple, en tant que souverain, doit pouvoir se prononcer par référendum, y compris sur des dispositions actuellement protégées. Il souhaite également voir Félix Tshisekedi poursuivre son action pendant « 5 ou 6 mandats ». 


Cette position l’oppose directement à Moïse Katumbi, figure de l’opposition hostile à toute modification permettant de remettre en cause la limitation des mandats présidentiels.


Un obstacle constitutionnel majeur


Le débat se heurte cependant à l’article 220 de la Constitution, qui soustrait explicitement le nombre et la durée des mandats du président de la République à toute révision constitutionnelle. Le débat juridique porte donc notamment sur la distinction entre une révision de la Constitution existante et l’adoption éventuelle d’une nouvelle Loi fondamentale. 


Au-delà du conflit entre deux frères, leurs prises de position illustrent ainsi une fracture politique appelée à occuper une place importante dans le débat congolais : jusqu’où peut aller un changement constitutionnel et peut-il remettre en cause la limitation des mandats présidentiels ?  


Belo