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RDC : Fanny Tshisekedi Mise Sur « L’Or Vert » Pour Faire De L’agriculture Une Industrie Nationale .

La première édition de la foire agro-pastorale « Or Vert du Congo » s’est ouverte samedi 3 octobre 2026 au Musée national de la République démocratique du Congo, à Kinshasa. L’événement, initié par Fanny Tshisekedi, est consacré à la valorisation de la production agricole locale et au développement des PME agro-pastorales. 


Le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, et la Première Dame Denise Nyakeru Tshisekedi ont participé à l’ouverture de cette manifestation. Selon la Présidence, l’objectif est notamment d’encourager la consommation locale, de réduire la dépendance aux importations alimentaires et de connecter davantage les producteurs congolais aux marchés. 


De l’agriculture de subsistance à une industrie


Le message central de cette première édition est clair : l’agriculture congolaise doit dépasser le stade de la subsistance pour devenir une véritable industrie, capable de produire en quantité, transformer localement, créer des emplois, innover et exporter.


Fanny Tshisekedi a notamment appelé les institutions à favoriser davantage de débouchés pour les producteurs et entrepreneurs agricoles. Elle a également plaidé pour des financements bancaires mieux adaptés au secteur. 


Ornella Kardozo, directrice générale de Group Choice Holding Company, a pour sa part insisté sur la nécessité de construire un écosystème réunissant producteurs, financiers, transformateurs, acheteurs, investisseurs et entreprises. 


La foire ne veut donc pas être seulement une vitrine de produits agricoles. En amont de son lancement, les organisateurs annonçaient vouloir répondre aux difficultés rencontrées par les producteurs en matière de conservation, transformation, conditionnement, financement et accès aux grands acheteurs. Le programme entend fédérer environ 100 transformateurs, plus de 3 000 maraîchères de Kinshasa et près de 500 producteurs agricoles à travers le pays.


Le numérique pour rapprocher producteurs et acheteurs


Cette ambition comporte également un volet technologique. La plateforme numérique Yokani a été lancée pour constituer une base de données des producteurs et faciliter leur mise en relation avec les acheteurs. La Présidence présente plus largement « Or Vert du Congo » comme un programme s’appuyant sur un écosystème numérique destiné à promouvoir le Made in Congo. 


L’enjeu dépasse toutefois l’organisation d’une foire. La RDC demeure confrontée à une situation alimentaire préoccupante. La FAO estime que plus de 26,5 millions de personnes devraient connaître une insécurité alimentaire aiguë sévère en 2026, dans un contexte marqué notamment par les conflits, les déplacements de populations et les chocs climatiques.


Le véritable défi : passer de la vitrine à la production


La philosophie de « l’Or Vert » repose ainsi sur une idée stratégique : si les ressources minières restent déterminantes pour l’économie congolaise, la terre constitue un autre patrimoine économique dont dépend directement l’alimentation de la population.


Mais transformer ce potentiel en puissance agricole exigera plus que la promotion du « consommons congolais ». Il faudra accroître les rendements, assurer l’accès aux financements, améliorer les routes de desserte agricole, développer les capacités de stockage et de transformation et, surtout, garantir aux producteurs des marchés stables et rémunérateurs.


La réussite de « Or Vert du Congo » se mesurera donc au-delà des stands du Musée national : elle dépendra de sa capacité à faire naître des contrats, des financements, des unités de transformation et des débouchés durables. C’est à cette condition que l’agriculture pourra devenir, aux côtés des mines, l’un des véritables moteurs de diversification économique et de souveraineté alimentaire de la RDC.


Belo