L’affaire impliquant la journaliste Virginie Manganga connaît un nouveau développement. Depuis sa détention à Makala, elle a saisi le Bâtonnier du Barreau de Kinshasa/Gombe contre Me Dorothée Madiya, avocate de l’artiste Fally Ipupa, en mettant en cause certaines de ses interventions médiatiques.
Alors que la procédure judiciaire concernant Virginie Manganga suit son cours, le dossier se déplace désormais également sur le terrain de la déontologie professionnelle des avocats.
Selon des informations publiées ce lundi 5 octobre 2026, Virginie Manganga a adressé une correspondance au Bâtonnier du Barreau de Kinshasa/Gombe dans laquelle elle formule plusieurs griefs à l’encontre de Me Dorothée Madiya.
Les sorties médiatiques de l’avocate au centre de la saisine
Virginie Manganga reproche notamment à Me Dorothée Madiya ses interventions devant la presse le 30 septembre, alors que l’avocate s’exprimait sur le dossier concernant son client, Fally Ipupa.
La journaliste soutient que l’avocate aurait pris publiquement position sur le fond de l’affaire sans avoir obtenu, selon elle, l’autorisation préalable requise de l’Ordre. Elle demande par conséquent au Bâtonnier de vérifier les circonstances dans lesquelles ces interventions ont eu lieu et leur conformité avec les règles professionnelles applicables.
Autre point de contestation : Virginie Manganga estime avoir été dénigrée lors de cette communication, notamment à travers l’emploi du terme « Tiktokeuse » pour la désigner. Elle considère que certains propos tenus publiquement pourraient constituer des manquements aux obligations déontologiques de l’avocat.
Virginie Manganga demande au Bâtonnier de se prononcer
À travers cette démarche, la journaliste demande à l’autorité ordinale d’examiner les faits, de recueillir, si nécessaire, les explications de Me Dorothée Madiya et de déterminer si les règles professionnelles ont été respectées. Elle sollicite également des mesures appropriées dans l’hypothèse où des manquements seraient établis.
Il convient toutefois de souligner qu’à ce stade, les accusations formulées dans cette saisine restent des griefs avancés par Virginie Manganga. Leur dépôt ne signifie pas que Me Dorothée Madiya a déjà été reconnue coupable d’une faute déontologique. Il appartient au Barreau et à ses instances compétentes d’apprécier les faits.
Une affaire désormais sur plusieurs fronts
Cette nouvelle démarche intervient quelques jours après la conférence de presse au cours de laquelle Me Dorothée Madiya avait expliqué la position de la défense de Fally Ipupa. L’avocate avait notamment rappelé que l’arrestation d’une personne relève des autorités judiciaires et non des avocats ayant introduit une plainte.
Le procès de Virginie Manganga s’est ouvert le 30 septembre au Centre pénitentiaire et de rééducation de Kinshasa. La journaliste avait été placée en détention provisoire dans le cadre de la procédure liée à la diffusion et au commentaire de contenus concernant la vie privée de Fally Ipupa.
En conclusion, le dossier prend ainsi une nouvelle dimension : parallèlement à la procédure judiciaire visant Virginie Manganga, une question déontologique est désormais soumise aux instances du Barreau de Kinshasa/Gombe. La suite dépendra de l’appréciation du Bâtonnier et, le cas échéant, des organes compétents de l’Ordre des avocats.
Pour préserver l’équilibre journalistique, il restera essentiel de connaître la réponse de Me Dorothée Madiya ainsi que la position officielle du Barreau sur cette saisine.
Le Travailleur
