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RDC : Jean-Pierre Lihau Dote La Commission De La Concurrence D’un Cadre Organique, Un Nouveau Défi Pour La Régulation économique.

Une nouvelle étape dans la modernisation de l’administration publique


La République démocratique du Congo poursuit la restructuration de ses institutions publiques. Le mardi 6 octobre 2026, le Vice-Premier ministre chargé de la Fonction publique, Jean-Pierre Lihau, a officiellement remis à son collègue de l’Économie nationale, Daniel Mukoko, le cadre organique de la Commission de la concurrence (COMCO).


Cette réforme vise à doter cet organisme public d’une architecture administrative cohérente, capable de renforcer la régulation des marchés, de lutter contre les pratiques anticoncurrentielles et de garantir une meilleure protection des consommateurs congolais.


Longtemps restée peu opérationnelle, la COMCO dispose désormais d’un instrument destiné à préciser ses structures, ses responsabilités et ses besoins en personnel.


Une organisation administrative mieux structurée


Élaboré conjointement par les experts des ministères de la Fonction publique et de l’Économie nationale, ce cadre organique prévoit une organisation comprenant des structures d’état-major, des services d’appui et trois directions techniques consacrées à la concurrence, à la concentration économique et à la protection des consommateurs.


L’une des principales innovations concerne la déconcentration administrative. Selon les dispositions présentées, 82 % des effectifs devraient être répartis dans 26 coordinations provinciales, afin d’assurer une présence effective de la Commission sur l’ensemble du territoire national.


Jean-Pierre Lihau a insisté sur le respect du plafond d’emplois et des procédures légales de recrutement, dans une logique de maîtrise de la masse salariale et de rationalisation des dépenses publiques.


Cette réorganisation s’inscrit dans l’application du décret n° 25/032 du 10 octobre 2025 portant statut, organisation et fonctionnement de la COMCO.


Protéger les consommateurs face aux abus du marché


Au-delà de sa portée administrative, cette réforme soulève un enjeu économique majeur : celui de la protection des consommateurs et de la transparence des pratiques commerciales.


Dans un environnement marqué par les préoccupations liées au pouvoir d’achat, aux prix des produits de première nécessité et aux conditions de concurrence, la COMCO pourrait jouer un rôle déterminant dans la surveillance des marchés.


Elle devra notamment contribuer à prévenir les ententes illicites entre opérateurs économiques, les abus de position dominante et les autres pratiques susceptibles de fausser la concurrence.


De son côté, Daniel Mukoko a salué cette avancée, estimant que la Commission dispose désormais d’un outil essentiel pour assurer son déploiement à travers le pays.


Une réforme à juger sur ses résultats


La remise d’un cadre organique constitue incontestablement une avancée institutionnelle. Toutefois, l’efficacité d’une autorité de régulation ne se mesure pas uniquement à la qualité de son organisation administrative, mais surtout à sa capacité d’intervention sur le terrain.


La COMCO devra disposer de ressources humaines qualifiées, de moyens financiers suffisants et d’une autonomie opérationnelle lui permettant d’exercer ses missions avec impartialité.


Une attention particulière devra également être accordée aux provinces, où les consommateurs sont parfois confrontés à des pratiques commerciales difficiles à contrôler.


L’autre défi concerne la transparence des recrutements et l’application effective du plafond d’emplois annoncé.


En définitive, le véritable succès de cette réforme dépendra de sa traduction en actions concrètes. La Commission de la concurrence ne doit pas devenir une structure administrative supplémentaire, mais un véritable instrument de régulation économique au service des entreprises, des travailleurs et des consommateurs.


L’enjeu est désormais de passer de la réforme institutionnelle à une protection effective du marché congolais.


Le Travailleur