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SONAHYDROC SA : Les Retraités Dénoncent Le Non-paiement De Leurs Pensions Et Interpellent Le Chef De L’État.

Kinshasa — Le dossier des pensions de retraite des anciens agents de la Société nationale des hydrocarbures du Congo (SONAHYDROC SA), anciennement COHYDRO et PETRO-CONGO, refait surface. Confrontés, selon leurs représentants syndicaux, à des difficultés sociales particulièrement préoccupantes, ces retraités sollicitent désormais l'implication personnelle du président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, afin d'obtenir une solution durable à leur situation.


À travers un message transmis à la rédaction du journal Le Travailleur, le syndicat Tous au Travail (TT), représenté notamment par Médard Nsingi, tire la sonnette d'alarme sur les conditions de vie des anciens travailleurs de cette entreprise publique du secteur pétrolier.


Les représentants des retraités dénoncent ce qu'ils qualifient de « misère indescriptible », conséquence, selon eux, du non-paiement des pensions et des difficultés liées à leur prise en charge par la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS).


Des cotisations sociales au cœur du différend


Au centre de cette affaire figure une question particulièrement sensible : celle des cotisations sociales prélevées sur les rémunérations des travailleurs et de leur versement effectif à la CNSS.


Une correspondance officielle du ministère des Hydrocarbures, datée du 10 décembre 2025 et signée par le professeur Yves Aloni Mukoko, directeur de cabinet de la ministre d'État, fait état des préoccupations exprimées par le Collectif des agents retraités de la SONAHYDROC SA.


Cette lettre, ayant pour objet le deuxième rappel relatif au non-paiement des pensions de retraite par la CNSS, accuse réception d'une correspondance du 18 novembre 2025 adressée au directeur général de la SONAHYDROC.


Le document mentionne expressément les difficultés rencontrées dans le processus d'immatriculation des retraités auprès de la CNSS ainsi que la cessation présumée des versements des cotisations sociales depuis 2015, alors que celles-ci auraient continué à être retenues à la source.


Si ces allégations sont confirmées, elles soulèveraient de sérieuses interrogations sur la gestion des obligations sociales de l'employeur et sur la protection des droits acquis des travailleurs.


En effet, le prélèvement des cotisations sociales sur les salaires doit normalement s'accompagner de leur reversement à l'organisme compétent. Toute rupture dans ce mécanisme risque de compromettre l'accès des travailleurs aux prestations auxquelles ils peuvent prétendre.


Le ministère des Hydrocarbures avait demandé des explications


La correspondance ministérielle constitue une pièce importante dans ce dossier.


Elle indique que la ministre d'État, ministre des Hydrocarbures, avait instruit le directeur général de la SONAHYDROC SA d'examiner les préoccupations soulevées avec diligence et de transmettre un rapport circonstancié dans un délai précis.


Cette instruction témoigne de la prise en considération administrative du problème. Toutefois, les documents communiqués à notre rédaction ne permettent pas d'établir si le rapport demandé a effectivement été transmis ni quelles mesures correctives auraient été prises depuis lors.


Plusieurs mois après cette correspondance, les représentants des retraités continuent de réclamer une solution.


Cette persistance des revendications pose une question fondamentale : pourquoi un dossier touchant directement à la survie d'anciens travailleurs tarde-t-il à connaître une issue satisfaisante ?


Pour les intéressés, il ne s'agit pas simplement d'une procédure administrative, mais d'une question de dignité humaine et de justice sociale.


Les syndicats proposent une réunion tripartite d'urgence


Face à cette situation, le syndicat Tous au Travail recommande à la délégation syndicale et à l'intersyndicale de la SONAHYDROC de solliciter rapidement l'organisation d'une réunion tripartite.


Cette rencontre réunirait les représentants de l'employeur, ceux des travailleurs et les autorités compétentes, sous l'égide de l'Inspection générale du travail.


L'objectif serait de procéder à un examen contradictoire du dossier, de clarifier les responsabilités de chaque partie et d'aboutir à des engagements précis.


Les syndicalistes souhaitent que les conclusions de cette réunion soient consignées dans un procès-verbal signé par les parties concernées, afin de disposer d'un cadre formel de suivi.


Une telle démarche pourrait permettre de déterminer notamment le montant des cotisations éventuellement non reversées, les périodes concernées, la situation administrative des retraités auprès de la CNSS et les modalités d'une éventuelle régularisation.


Encore faudrait-il que les différentes parties manifestent une volonté réelle de parvenir à une solution.


Un appel direct au président de la République


Au-delà des démarches syndicales et administratives, les représentants des retraités entendent porter leur revendication au plus haut niveau de l'État.


Dans leur message, ils invoquent la dimension sociale de la vision présidentielle et appellent Félix Tshisekedi à accorder une attention particulière aux difficultés rencontrées par les anciens agents de la SONAHYDROC.


Ils souhaitent également l'implication des hautes autorités nationales afin d'accélérer le traitement de ce qu'ils considèrent comme un problème social urgent.


Cet appel traduit une inquiétude grandissante parmi les retraités, dont certains pourraient se retrouver privés de ressources régulières après plusieurs décennies de service.


La pension de retraite ne saurait pourtant être considérée comme une faveur accordée par l'employeur. Elle constitue une prestation sociale soumise aux conditions prévues par la législation, destinée à garantir une certaine sécurité économique aux travailleurs ayant quitté la vie active.


Une affaire qui interpelle également la CNSS


La résolution de ce différend ne dépend pas uniquement de la SONAHYDROC.


La CNSS, en sa qualité d'organisme chargé de la gestion des prestations relevant de son régime, apparaît également comme un acteur essentiel dans la clarification du dossier.


Il importe notamment de déterminer si les difficultés de paiement résultent exclusivement d'éventuels arriérés de cotisations, de problèmes d'immatriculation, de dossiers administratifs incomplets ou d'autres obstacles.


Une vérification documentaire et comptable permettrait d'établir les faits, sans préjuger des responsabilités.


À ce stade, les éléments transmis à Le Travailleur exposent principalement la position des représentants des retraités et une correspondance administrative attestant que leurs préoccupations avaient été portées à la connaissance du ministère des Hydrocarbures.


Les explications actualisées de la direction générale de la SONAHYDROC et de la CNSS demeurent nécessaires pour disposer d'une appréciation complète et contradictoire de la situation.


La dignité des retraités doit être préservée


Au-delà du cas particulier de la SONAHYDROC, cette affaire remet au premier plan la problématique de la protection sociale des travailleurs congolais après leur départ à la retraite.


Comment garantir une vieillesse digne lorsque les mécanismes de prévoyance sociale connaissent des dysfonctionnements ? Comment rassurer les travailleurs encore en activité sur le devenir de leurs cotisations ?


Ces interrogations méritent des réponses institutionnelles claires.


Les autorités compétentes gagneraient à privilégier une démarche transparente, associant les représentants des retraités, l'employeur, la CNSS et les services de contrôle du travail.


Il ne suffit pas de multiplier les correspondances administratives. Encore faut-il que celles-ci débouchent sur des décisions concrètes, vérifiables et assorties d'un calendrier d'exécution.


La protection des droits sociaux des anciens salariés doit demeurer une priorité. Une société qui aspire à promouvoir la justice sociale ne peut rester indifférente aux difficultés de ceux qui ont consacré une partie importante de leur existence au travail.


Le dossier des retraités de la SONAHYDROC appelle désormais une clarification des responsabilités et, surtout, une solution effective. Car derrière les procédures administratives se trouvent des femmes et des hommes qui attendent de pouvoir vivre dignement de leur retraite.


Le Travailleur