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RDC : Guillaume Ngefa Suspend Les Nouvelles Admissions à Makala, Une Prison De 1 500 Places Abritant 16 155 Détenus.

La situation carcérale à la prison centrale de Makala, à Kinshasa, atteint un niveau particulièrement préoccupant. Face à une surpopulation devenue difficilement maîtrisable, le ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa Atondoko Andali, a décidé de suspendre provisoirement l’admission de nouveaux détenus dans cet établissement pénitentiaire, sauf dérogation dûment justifiée.


Cette décision, annoncée dans un communiqué officiel daté du mercredi 21 octobre 2026, constitue une mesure exceptionnelle destinée à prévenir une aggravation des conditions de détention et à préserver la sécurité, la santé ainsi que la dignité des personnes privées de liberté.


Une prison occupée à près de 1 077 % de sa capacité


Les chiffres rendus publics par le ministère de la Justice illustrent l'ampleur de la crise. Construite pour accueillir 1 500 personnes, la prison centrale de Makala héberge actuellement 16 155 détenus, parmi lesquels 303 femmes et 201 enfants en conflit avec la loi.


Capacité initiale

1 500 places


Population actuelle


16 155


détenus


Taux d'occupation 1 077 %


La population détenue représente environ 10,8 fois la capacité prévue, soit 14 655 personnes au-delà de celle-ci. Calcul effectué à partir des chiffres officiels.


Cette promiscuité expose les détenus à des risques sanitaires considérables, notamment en matière d'hygiène, d'accès aux soins, d'alimentation et de propagation des maladies.


Guillaume Ngefa face à l'urgence humanitaire


La décision du ministre intervient quelques jours après une visite effectuée à Makala, au cours de laquelle il avait constaté la dégradation des conditions de détention.


Selon Radio Okapi, plus de 11 000 personnes se trouvaient alors en détention préventive. Le ministre avait notamment demandé l'examen des dossiers susceptibles de conduire à des libérations pour raisons humanitaires, conformément aux procédures légales. Une première liste de 108 détenus avait été identifiée pour une remise en liberté.


La suspension des admissions s'inscrit dans cette dynamique. Elle repose sur la loi n° 23/028 du 15 juin 2023, déterminant les principes fondamentaux relatifs au régime pénitentiaire en République démocratique du Congo.


Une mesure nécessaire, mais insuffisante


Si la décision de Guillaume Ngefa apparaît comme une réponse à l'urgence, elle soulève néanmoins une interrogation fondamentale : où seront orientées les personnes nouvellement placées en détention ?


Le communiqué ministériel ne précise ni la durée de la suspension ni les établissements susceptibles d'accueillir les nouveaux détenus.


Au-delà de cette mesure conservatoire, le désengorgement durable de Makala exige une accélération du traitement des dossiers judiciaires, une meilleure gestion de la détention préventive, la réhabilitation des infrastructures pénitentiaires et le renforcement des moyens consacrés à l'administration carcérale.


La surpopulation ne constitue pas seulement un problème de capacité d'accueil. Elle révèle également les difficultés structurelles du système judiciaire congolais, particulièrement lorsque des milliers de prévenus attendent leur jugement pendant de longues périodes.


Le véritable défi : transformer l'urgence en réforme


En prenant cette décision, Guillaume Ngefa manifeste sa volonté de répondre à une situation qui engage directement la responsabilité de l'État.


Mais la réussite de cette initiative dépendra de son application effective, de la transparence des dérogations accordées et surtout de la mise en œuvre d'un programme crédible de réduction de la population carcérale.


La suspension des nouvelles admissions à Makala constitue un signal important, mais elle ne saurait représenter une solution définitive. Une politique pénitentiaire efficace doit concilier les impératifs de sécurité publique, la célérité de la justice et le respect de la dignité humaine.


Car une prison ne doit pas devenir un espace où la privation de liberté se transforme, par la surpopulation et l'insalubrité, en une peine supplémentaire que la justice n'a jamais prononcée.


Belo