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RDC : Hermione Bolumbe Dépose Officiellement Une Motion De Défiance Contre Muhindo Nzangi Dans Le Dossier PEJAB

Kinshasa, le 24 octobre 2026 — Le dossier du Projet d’entrepreneuriat des jeunes dans l’agriculture et l’agrobusiness (PEJAB) prend une nouvelle dimension à l’Assemblée nationale. La députée nationale Dr Hermione Bolumbe Bakando, élue de Mont-Amba à Kinshasa, a officiellement déposé, jeudi 22 octobre 2026, une motion de défiance contre le ministre d’État, ministre de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire, Muhindo Nzangi Butondo.


Cette initiative parlementaire intervient dans un contexte de controverses autour de la gestion des ressources financières destinées au développement de l’entrepreneuriat agricole des jeunes Congolais.


Une motion officiellement réceptionnée


Dans une correspondance datée du 22 octobre 2026, portant la référence 067/CAB/BBH/10/26, adressée au président de l’Assemblée nationale, Hermione Bolumbe transmet sa motion de défiance conformément aux articles 146 et 147 de la Constitution ainsi qu'aux dispositions pertinentes des articles 235 et 236 du Règlement intérieur de la Chambre basse.


Le document, dont Le Travailleur a obtenu copie, porte le cachet du secrétariat du cabinet du président de l’Assemblée nationale, attestant son enregistrement sous le numéro 8940, le 22 octobre 2026 à 11 h 48.


La députée affirme avoir engagé cette démarche dans le cadre du dossier PEJAB, évoquant des faits de détournement présumé de fonds publics.


« Nous devons faire toute la lumière sur la gestion de cet argent, le peuple a le droit de savoir ! », a déclaré l'élue de Mont-Amba.


Des interrogations sur la gestion des fonds


Cette motion fait suite aux préoccupations exprimées par la parlementaire lors de sa question orale avec débat adressée au ministre de l’Agriculture.


Hermione Bolumbe avait notamment soulevé des interrogations sur un détournement présumé de 57 millions de dollars américains, montant évoqué dans le cadre des accusations relatives à la gestion des ressources du secteur agricole.


La députée avait jugé insuffisantes les explications fournies par le ministre devant la représentation nationale, annonçant son intention de recourir à une motion de défiance.


Il convient toutefois de préciser que les accusations de détournement demeurent, à ce stade, des allégations qui nécessitent des vérifications documentaires et, le cas échéant, des investigations des institutions compétentes. Le dépôt de la motion ne constitue pas une preuve de culpabilité.


Un test pour le contrôle parlementaire


Au-delà des accusations financières, cette démarche pose la question de la transparence dans la gestion des projets publics destinés à la jeunesse et au développement agricole.


Le PEJAB, par sa vocation à promouvoir l'entrepreneuriat agricole, concerne directement les perspectives d'emploi, l'autonomisation économique des jeunes et la sécurité alimentaire.


La controverse soulève plusieurs questions essentielles : quels montants ont effectivement été décaissés ? Quels organismes en ont assuré la gestion ? Quels résultats ont été obtenus sur le terrain ? Et quelles responsabilités peuvent être établies en cas d'irrégularités ?


Sur le plan institutionnel, la motion de défiance constitue un mécanisme de contrôle parlementaire permettant de mettre en cause la responsabilité politique d'un membre du gouvernement, suivant les procédures constitutionnelles et réglementaires applicables.


Il appartiendra à l'Assemblée nationale de déterminer la suite à réserver à cette initiative, dans le respect des droits de la défense et des règles parlementaires.


Le dépôt officiel de la motion de défiance contre Muhindo Nzangi marque une nouvelle étape dans le débat sur la gouvernance des fonds affectés au secteur agricole en République démocratique du Congo.


L'enjeu dépasse désormais la confrontation entre une députée et un ministre. Il concerne la capacité des institutions à établir les faits, à rendre compte de l'utilisation des ressources publiques et à préserver la confiance des citoyens.


Pour le PEJAB comme pour tout programme financé par des fonds publics, la transparence devra reposer sur des pièces comptables vérifiables, des résultats mesurables et des responsabilités clairement établies.


Le Travailleur — La voix des travailleurs.