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RDC : Félix Tshisekedi Rassure L’Union Sacrée Sur Le Troisième Mandat Et Annonce Une équipe Préparatoire Du Dialogue National.

Kinshasa, le 25 octobre 2026


Le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a réuni, samedi 24 octobre 2026, à la Cité de l’Union africaine, les députés nationaux et sénateurs membres de l’Union sacrée de la Nation (USN), en présence de la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, selon les informations communiquées sur cette rencontre.


Cette réunion intervient dans un climat politique particulièrement sensible, marqué par la persistance de l’insécurité dans l’Est du pays, les discussions autour d'un dialogue national inclusif et les controverses suscitées par l'adoption, à l'Assemblée nationale, de la proposition de loi fixant les conditions d'organisation du référendum.


La tenue de cette rencontre avait été officiellement annoncée le 23 octobre par le secrétaire permanent de l’Union sacrée, le professeur André Mbata Mangu.


Dialogue national : une équipe préparatoire annoncée pour la semaine prochaine


Selon les informations rapportées à l’issue de la rencontre, Félix Tshisekedi aurait annoncé la mise en place, dès la semaine du 26 octobre, de l’équipe chargée de préparer le dialogue national.


Le chef de l’État aurait également demandé aux parlementaires de sa famille politique de sensibiliser leurs électeurs sur les objectifs de cette initiative, présentée comme un instrument destiné à rétablir la cohésion nationale et à améliorer le fonctionnement des institutions.


Deux facilitateurs de l’Union africaine, un homme et une femme, pourraient accompagner le processus, selon une source présentée comme ayant assisté aux échanges. Leur désignation et leur mandat restent cependant à confirmer officiellement.


Cette annonce intervient alors que les préparatifs du dialogue connaissent des lenteurs. Des consultations ont notamment été menées par le directeur de cabinet du chef de l’État, Anthony Nkinzo, auprès des responsables des confessions religieuses, sans que la composition de l’équipe préparatoire ait encore été rendue publique.


L’enjeu dépasse désormais la simple installation d’un comité. Il s’agit de déterminer les conditions de participation des forces politiques, des confessions religieuses, de la société civile et des autres acteurs concernés par la crise nationale.


Troisième mandat : Tshisekedi tente de dissiper les soupçons


L’un des sujets les plus sensibles concerne l’avenir constitutionnel du président de la République.


D’après les propos rapportés après la réunion, Félix Tshisekedi aurait assuré ne pas chercher à modifier la Constitution dans le seul objectif de prolonger son maintien au pouvoir.


Il aurait également affirmé ne pas être personnellement préoccupé par la perspective d’un troisième mandat, tout en évoquant, selon une source présente, le respect de la volonté populaire exprimée par voie référendaire.


Ces déclarations doivent néanmoins être replacées dans leur contexte juridique et politique.


En effet, l’article 70 de la Constitution prévoit un mandat présidentiel de cinq ans renouvelable une seule fois, tandis que l’article 220 protège notamment le nombre et la durée des mandats présidentiels contre toute révision constitutionnelle.


Dès lors, la question essentielle n’est pas uniquement celle des intentions personnelles du chef de l’État, mais également celle du respect des garanties constitutionnelles et des mécanismes démocratiques.


Référendum : un débat qui continue de diviser la classe politique


La rencontre du 24 octobre est intervenue au lendemain de l’adoption, en première lecture, par l’Assemblée nationale, de la proposition de loi relative à l’organisation du référendum, après la prise en compte d’observations formulées par la Cour constitutionnelle.


Ce texte doit encore poursuivre son examen au Sénat.


L’opposition, notamment à travers le groupe parlementaire Ensemble pour la République, redoute que cette démarche ouvre la voie à une transformation du cadre constitutionnel susceptible de remettre en cause l’alternance démocratique.


Il convient toutefois de distinguer une loi organisant les modalités d’un référendum d’une décision effective de réviser ou de remplacer la Constitution.


Cette distinction juridique ne suffit pas, à elle seule, à dissiper les inquiétudes politiques.


Pour restaurer la confiance, le pouvoir devra clarifier publiquement les objectifs poursuivis, le champ des éventuelles réformes et les garanties entourant le respect des dispositions constitutionnelles.


Situation sécuritaire : le chef de l’État affiche sa confiance dans les FARDC


Sur le plan sécuritaire, Félix Tshisekedi aurait exprimé sa confiance dans la montée en puissance des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC).


Selon les informations rapportées, il aurait estimé que les efforts engagés pour réorganiser l’armée commencent à produire des résultats encourageants, malgré la persistance de problèmes d’infiltration.


Le président aurait également appelé les parlementaires à mobiliser la population derrière les forces de défense, en rappelant la gravité de l’agression que subit le pays.


Cependant, l’optimisme présidentiel devra être confronté aux réalités opérationnelles.


La consolidation de l’appareil militaire exige non seulement des équipements et une meilleure organisation, mais également un renforcement du renseignement, de la discipline, de la chaîne de commandement et de la prise en charge des militaires.


La protection des populations civiles et le rétablissement durable de l’autorité de l’État dans les territoires affectés demeurent les principaux critères permettant d’évaluer les progrès sécuritaires.


Entre recherche de cohésion et nécessité de restaurer la confiance politique


Au-delà des annonces, la rencontre entre Félix Tshisekedi et les parlementaires de l’Union sacrée révèle trois enjeux majeurs.


Le premier est celui de la cohésion de la majorité présidentielle. Face aux controverses constitutionnelles et aux défis sécuritaires, le chef de l’État cherche manifestement à maintenir une ligne politique commune et à renforcer la mobilisation de ses soutiens.


Le deuxième concerne la crédibilité du dialogue national. Une concertation limitée aux acteurs proches du pouvoir ne pourrait répondre durablement aux fractures politiques et sociales du pays. Pour être crédible, le processus devra reposer sur des garanties d’inclusivité, un ordre du jour transparent et des mécanismes de mise en œuvre des résolutions.


Les propositions portées par la CENCO et l’Église du Christ au Congo, ainsi que les positions des autres composantes politiques et sociales, constituent à cet égard des éléments importants à prendre en considération.


Le troisième enjeu touche à la confiance dans les institutions. Dans un contexte où le débat sur le référendum alimente les soupçons de prolongation du pouvoir, les déclarations présidentielles ne suffiront pas nécessairement à rassurer l’ensemble de l’opinion.


Il faudra des engagements institutionnels vérifiables, des actes politiques cohérents et une communication claire sur le respect de l’ordre constitutionnel.


En définitive, la réussite du dialogue dépendra moins de son annonce que de sa capacité à rassembler des acteurs aux positions divergentes autour d’un compromis national.


Le temps des assurances doit désormais céder la place aux actes


En annonçant la mise en place prochaine de l’équipe préparatoire du dialogue national, Félix Tshisekedi cherche à reprendre l’initiative politique dans une période marquée par les tensions institutionnelles et les préoccupations sécuritaires.


Mais l’attente de la population congolaise va bien au-delà des déclarations de principe.


Les Congolais veulent connaître les véritables objectifs du dialogue, les garanties de participation de toutes les sensibilités et les perspectives concrètes de retour à la paix.


Quant à la question du troisième mandat, elle ne pourra être définitivement apaisée que par une clarification institutionnelle respectueuse de la Constitution.


Le véritable défi du chef de l’État sera de transformer les assurances données à sa majorité en engagements capables de convaincre l’ensemble de la nation. Car un dialogue national ne se mesure pas à la force des déclarations qui l’annoncent, mais à la confiance qu’il inspire, aux compromis qu’il permet et aux résultats qu’il produit pour le peuple congolais.


Le Travailleur