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Kinshasa : Deux Mois De Salaires Promis Aux Agents De L’administration Urbaine, La Grève Maintenue Malgré L’accord

Après plusieurs mois d’arriérés de salaire et une paralysie des services publics, le gouvernement provincial de Kinshasa s’engage à payer deux mois aux agents dès le 6 novembre 2026. Mais les syndicats attendent des actes concrets avant de suspendre leur mouvement.


Un compromis social sous haute surveillance


Le gouvernement provincial de Kinshasa et l’Intersyndicale de l’administration publique urbaine ont trouvé, dimanche 25 octobre 2026, un terrain d’entente sur le paiement des arriérés de salaire des agents et cadres de la capitale congolaise. Une avancée qui intervient après plusieurs jours de tensions sociales et de grève dans les services publics provinciaux.


La rencontre, organisée au gouvernorat de Kinshasa, a été présidée par le vice-gouverneur Eddy Iyeli Molangi, sur instruction du gouverneur Daniel Bumba Lubaki, actuellement en mission.


Au terme des discussions, l’exécutif provincial s’est engagé à procéder au paiement de deux mois d’arriérés de salaire à compter du 6 novembre 2026. Une promesse accueillie favorablement par les représentants des travailleurs, sans pour autant entraîner la suspension immédiate de la grève.


Des arriérés qui atteignent jusqu’à vingt mois


Derrière cet accord se cache une situation sociale particulièrement préoccupante.


Selon David Luyeye, président de l’Intersyndicale de l’administration publique urbaine de Kinshasa, les arriérés accumulés varient selon les catégories du personnel.


20 mois d’arriérés pour les agents des régies urbaines ;


15 mois pour les membres des cabinets politiques ;


14 mois pour les agents de l’administration publique urbaine, selon le bilan présenté le 25 octobre.


Ces retards de rémunération fragilisent les conditions de vie des travailleurs, dont beaucoup doivent faire face aux dépenses quotidiennes de logement, de transport, de scolarité et de soins médicaux.


La crise salariale a notamment provoqué le déclenchement d'une grève le mercredi 21 octobre, après l'expiration d'un préavis adressé aux autorités provinciales.


La mécanisation des nouvelles unités également au centre des discussions


Outre les arriérés de salaire, la réunion a abordé la situation des nouvelles unités, ces agents qui exercent dans les services publics sans bénéficier d’une prise en charge salariale régulière.


Le vice-gouverneur a demandé au ministre provincial de la Fonction publique, Jésus-Noël Sheke, d’accélérer les démarches nécessaires à leur mécanisation.


Une opération de vérification et de certification des listes des agents effectivement en service est envisagée, avant la transmission des dossiers aux autorités nationales compétentes.


L’objectif est de régulariser progressivement leur situation administrative et salariale.


Des promesses répétées, une confiance à reconstruire


Cet accord constitue une ouverture au dialogue social, mais il soulève une question fondamentale : comment une administration chargée d’assurer le fonctionnement quotidien de la capitale peut-elle accumuler autant de mois d’impayés ?


Cette situation révèle des difficultés persistantes dans la planification budgétaire, la gestion de la masse salariale et le respect des engagements pris envers les agents publics.


En avril 2026 déjà, un protocole d’accord avait été conclu entre l’exécutif provincial et les représentants syndicaux, avec pour ambition d’assurer la régularité des rémunérations et l’apurement progressif des arriérés. Malgré cette initiative, les revendications salariales ont ressurgi quelques mois plus tard.


Le problème dépasse donc la simple annonce d'un décaissement. Il concerne la capacité des autorités provinciales à instaurer un mécanisme durable, transparent et prévisible de paiement des rémunérations.


Le salaire n'est pas une faveur accordée au travailleur. Il constitue la contrepartie légitime d'un service rendu et une obligation de l'employeur public.


À cet égard, la promesse de deux mois de paiement, face à des arriérés atteignant parfois vingt mois, représente un soulagement potentiel, mais demeure insuffisante pour résoudre définitivement la crise.


Le gouvernement provincial devra notamment préciser les périodes salariales concernées, garantir la disponibilité des fonds et communiquer un calendrier crédible d'apurement du solde des arriérés.


La possibilité de verser trois mois supplémentaires à la fin de novembre a également été évoquée, mais elle reste soumise à un examen ultérieur.


La grève n'est pas encore levée


Contrairement à ce que pourrait laisser penser l'annonce d'un accord, l'Intersyndicale n'a pas officiellement mis fin à son mouvement.


David Luyeye a indiqué que la grève se poursuit jusqu'à nouvel ordre, dans l'attente de la concrétisation des engagements pris par l'exécutif provincial. Un service minimum est néanmoins maintenu, particulièrement dans les établissements de santé.


Cette position traduit la prudence des travailleurs, qui veulent désormais juger les autorités sur les paiements effectivement réalisés plutôt que sur les seules déclarations.


Le 6 novembre, premier test de crédibilité


L'accord du 25 octobre pourrait ouvrir la voie à une décrispation du climat social au sein de l'administration publique urbaine de Kinshasa. Mais son efficacité dépendra exclusivement du respect des engagements annoncés.


Pour le gouverneur Daniel Bumba et son équipe, le défi consiste désormais à dépasser la gestion ponctuelle des crises salariales et à rétablir une véritable discipline de paiement.


L'attente reste simple : percevoir régulièrement les rémunérations auxquelles ils ont droit.


Le 6 novembre 2026 constituera ainsi un premier test de crédibilité pour l'exécutif provincial. Car la paix sociale ne se construit pas uniquement autour d'une table de négociation : elle se consolide par le respect de la parole donnée et des droits des travailleurs.


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