Kinshasa, le 28 octobre 2026 — Le sénateur Jean-Claude Baende Etafe Eliko, ancien gouverneur de l’Équateur et figure politique issue de Mbandaka, a été accueilli, lundi 26 octobre, par une foule de sympathisants à Mbuji-Mayi, chef-lieu du Kasaï-Oriental. Cette mobilisation, observée loin de sa base électorale traditionnelle, constitue un fait politique significatif dans le parcours du rapporteur adjoint du Sénat.
De l’aéroport de Bipemba jusqu’à la Poste centrale, ses partisans ont accompagné son passage dans une atmosphère de ferveur populaire. Sur son compte X, Jean-Claude Baende a exprimé sa reconnaissance aux habitants de Mbuji-Mayi, affirmant repartir avec leurs préoccupations et la volonté de porter leur voix auprès des instances décisionnelles.
De Mbandaka à Mbuji-Mayi : une implantation politique qui dépasse l’Équateur
L'intérêt de cette visite réside particulièrement dans l'origine politique de Jean-Claude Baende. Né à Basankusu, dans l'actuelle province de l'Équateur, il a construit l'essentiel de sa carrière électorale à Mbandaka.
Élu député provincial en 2006, devenu vice-gouverneur en 2007, puis gouverneur de l'Équateur de 2009 à 2013, il a également été élu député national et provincial à plusieurs reprises dans la circonscription de Mbandaka. Réélu député national et provincial en 2023, il a ensuite accédé au Sénat en 2024, abandonnant son mandat à l'Assemblée nationale en raison de l'incompatibilité des fonctions.
Ce parcours explique son enracinement politique dans l'Équateur. Mais l'accueil de Mbuji-Mayi révèle une autre dimension : celle d'un responsable politique dont les activités et les réseaux de sympathisants s'étendent désormais à plusieurs régions du pays.
Une stature nationale en construction
Après l'Équateur et l'espace katangais, cette étape au Kasaï-Oriental s'inscrit dans une tournée nationale menée par le président de l'Alliance des démocrates humanistes (ADH), également coordonnateur de l'Opposition républicaine (OPR26).
La mobilisation observée à Mbuji-Mayi offre ainsi un indicateur visible de sa présence politique hors de son bastion historique. Elle ne permet toutefois pas, à elle seule, de mesurer son poids électoral dans la province.
Dans un environnement politique marqué par les débats sur le dialogue national, Baende entend faire entendre un discours privilégiant la concertation et la prise en compte des préoccupations populaires.
Sa fonction de rapporteur adjoint du Sénat lui assure déjà une visibilité institutionnelle. Ses déplacements à travers le pays lui permettent, parallèlement, de renforcer les contacts avec les populations et les structures politiques locales.
De la popularité à la responsabilité nationale
L'accueil réservé à Jean-Claude Baende à Mbuji-Mayi mérite une lecture politique dépassant les images de foule.
Pour un élu historiquement associé à Mbandaka, susciter une mobilisation dans une province éloignée de son ancrage électoral représente un signal d'élargissement de son audience publique. Cette dynamique contribue à nourrir la perception d'une stature politique nationale grandissante.
Toutefois, la véritable portée de cette mobilisation se mesurera dans la durée : par la solidité de ses relais politiques, la cohérence de ses prises de position et sa capacité à traduire les préoccupations recueillies en initiatives concrètes.
L'enjeu pour Jean-Claude Baende n'est donc plus seulement de mobiliser au-delà de Mbandaka, mais de transformer cette visibilité nationale en action politique vérifiable. C'est à cette condition que l'enthousiasme observé à Mbuji-Mayi pourra dépasser le cadre d'un accueil populaire pour prendre une signification politique durable.
Le Travailleur
