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RDC : Dès Avril 2027, Le Franc Congolais Obligatoire Pour Les Paiements En Espèces, Le Dollar Maintenu Dans Les Banques

La Banque centrale du Congo précise les contours de sa réforme monétaire. Le dollar restera légal, mais les achats en espèces devront être réglés en francs congolais. Une transition qui soulève des défis pour les commerçants et les consommateurs.


Kinshasa, 30 octobre 2026 — À compter du 9 avril 2027, les paiements commerciaux en espèces devront obligatoirement s'effectuer en francs congolais (CDF) sur l'ensemble du territoire de la République démocratique du Congo. Les règlements en devises étrangères resteront toutefois autorisés par voie bancaire ou électronique.


Le gouverneur de la Banque centrale du Congo (BCC), André Wameso, a apporté ces précisions vendredi dans une capsule vidéo publiée sur le compte officiel X de l'institution, afin de dissiper les inquiétudes suscitées par cette réforme.


« La détention des dollars ne sera pas illégale », a-t-il rassuré, précisant que les Congolais pourront continuer à conserver leurs devises à domicile, dans leur portefeuille ou sur leurs comptes bancaires.


Ce qui va changer dans les commerces


La réforme concerne principalement les modalités de paiement des biens et services.


Dans les boutiques, supermarchés, restaurants et autres établissements commerciaux, les clients devront utiliser le franc congolais lorsqu'ils paient en espèces, même si les prix des produits sont affichés en dollars américains.


En revanche, les paiements en devises pourront continuer à s'effectuer par virement bancaire, carte ou moyen électronique autorisé.


La BCC distingue également les transactions commerciales des dons, offrandes et cotisations diverses, qui ne relèvent pas nécessairement des mêmes modalités.


Une réforme annoncée depuis avril 2026


Cette décision n'est pas nouvelle. Elle avait été annoncée le 9 avril 2026, à l'issue d'une réunion du Comité de politique monétaire de la BCC.


L'institution avait également décidé de réserver à la Banque centrale l'importation physique des billets de banque en devises étrangères à partir de la même échéance, une activité qui ne sera plus autorisée aux banques commerciales.


Les objectifs officiels sont notamment de renforcer la traçabilité des transactions, de favoriser les paiements électroniques et de lutter contre le blanchiment des capitaux ainsi que le financement du terrorisme.


Le véritable défi sera de restaurer la confiance dans le franc congolais


Dans une économie fortement dollarisée, où de nombreux loyers, frais scolaires, marchandises et prestations de services sont exprimés en dollars, cette réforme représente un changement important.


Cependant, son efficacité dépendra de plusieurs conditions.


D'abord, la stabilité du taux de change. Si le franc congolais connaît de fortes fluctuations, commerçants et consommateurs risquent de subir des pertes lors des conversions.


Ensuite, la disponibilité des billets en monnaie nationale. La BCC devra garantir un approvisionnement suffisant, notamment en petites coupures, pour faciliter les transactions quotidiennes.


Enfin, l'accessibilité aux services bancaires et électroniques demeure déterminante. Dans plusieurs territoires du pays, une partie importante de la population effectue encore ses transactions en espèces, faute d'infrastructures financières adaptées.


Consciente de ces défis, la Banque centrale a engagé un projet de modernisation de son Hôtel des Monnaies. Les 19 et 20 octobre 2026, André Wameso s'est notamment rendu en Allemagne auprès de l'entreprise Giesecke+Devrient, spécialisée dans la fabrication de billets sécurisés.


Une transition à préparer avec les opérateurs économiques


À moins de six mois de l'entrée en vigueur de la mesure, les commerçants, les banques et les consommateurs devront se préparer à modifier leurs habitudes.


Une communication claire sur les taux de conversion applicables, les moyens de paiement autorisés et les mécanismes de contrôle sera indispensable pour éviter les interprétations divergentes.


La réforme ne signifie donc pas la disparition du dollar de l'économie congolaise. Elle vise avant tout à limiter son utilisation physique dans les transactions commerciales et à renforcer la place du franc congolais comme moyen de paiement en espèces.


La réussite de cette politique ne se mesurera pas uniquement au respect de l'interdiction des paiements en dollars, mais surtout à la confiance que les autorités monétaires parviendront à rétablir dans la monnaie nationale.


Car le véritable enjeu reste économique : faire du franc congolais une monnaie suffisamment stable, disponible et crédible pour répondre aux besoins quotidiens de la population.


Le Travailleur