Six mois après la mort de l’homme d’affaires congolais, Joël Amisi promet de poursuivre son combat pour la vérité. Une enquête privée et des démarches judiciaires internationales pourraient apporter de nouveaux éléments à cette affaire.
Kinshasa, 30 octobre 2026 — L'assassinat de Vally Amisi continue de susciter des interrogations en République démocratique du Congo. Près de sept mois après la découverte de son corps, sa famille réaffirme sa détermination à obtenir justice et annonce de nouvelles révélations sur les circonstances de sa disparition.
Dans une publication diffusée jeudi 29 octobre sur le réseau social X, Joël M. Amisi, frère de la victime, a adressé un message particulièrement ferme à ceux qu'il soupçonne de vouloir faire tomber cette affaire dans l'oubli.
Selon lui, certains auraient cru que l'éloignement géographique des membres de la famille finirait par affaiblir leur mobilisation. Mais les proches de Vally Amisi assurent qu'ils poursuivront leurs démarches jusqu'à l'établissement de la vérité.
« Nous ne tournerons pas la page tant que la vérité n’aura pas été établie et que justice n’aura pas été rendue à Vally », a-t-il déclaré.
Une enquête familiale aux ramifications internationales
Au-delà de cette déclaration, la famille affirme avoir mené pendant cinq mois des investigations discrètes avec l'appui d'enquêteurs mandatés à titre privé.
D'après plusieurs informations publiées le 29 octobre, Joël Amisi a annoncé une conférence de presse pour la première semaine de novembre, destinée à présenter certains résultats de ces recherches.
La famille affirme avoir transmis des plaintes et des éléments d'enquête aux autorités de Belgique, de France et d'Afrique du Sud. Elle évoque également des démarches auprès du Liban, dont elle juge la coopération insuffisante.
Ces déclarations devront toutefois être confrontées aux constatations des autorités judiciaires compétentes. Aucune responsabilité pénale ne peut être considérée comme établie sur la seule base des investigations privées.
Un suspect arrêté à Brazzaville, mais des questions demeurent
Vally Amisi, entrepreneur sportif congolais, avait été retrouvé mort le 10 avril 2026 dans la commune de la Gombe, à Kinshasa.
Le 2 août, les autorités avaient annoncé l'interpellation à Brazzaville de Mukena Mwepu Bénie, présenté comme le principal suspect dans cette affaire.
Le ministre de la Justice, Guillaume Ngefa, avait alors indiqué que les procédures nécessaires à son transfèrement vers Kinshasa étaient engagées dans le cadre de la coopération judiciaire entre les deux Congo.
Cependant, selon des informations publiées le 30 octobre, son transfert n'avait toujours pas été confirmé, malgré les démarches entreprises. Le suspect demeure juridiquement présumé innocent tant qu'aucune condamnation définitive n'a été prononcée.
Une affaire qui pose la question de l'efficacité de la justice
L'affaire Vally Amisi dépasse désormais le cadre d'un drame familial. Elle soulève des questions sur la conduite des enquêtes criminelles, la coopération judiciaire internationale et la capacité des institutions à apporter des réponses aux familles des victimes.
L'arrestation d'un suspect constitue une avancée importante, mais elle ne suffit pas à établir toutes les circonstances d'un homicide, à identifier d'éventuels complices ou commanditaires, ni à garantir l'aboutissement d'une procédure judiciaire.
La démarche engagée par la famille Amisi témoigne également d'une réalité préoccupante : lorsque les procédures paraissent longues ou insuffisamment transparentes, les proches des victimes peuvent être amenés à entreprendre leurs propres recherches.
Ces investigations privées peuvent contribuer à faire émerger des informations, mais leur exploitation doit respecter les règles de preuve et les droits de la défense.
La vérité et la justice comme seules issues
La conférence de presse annoncée par la famille sera donc particulièrement suivie. Elle pourrait permettre de mieux comprendre les éléments recueillis et les démarches engagées auprès des autorités étrangères.
L'essentiel demeure que les faits soient établis par une enquête indépendante, rigoureuse et transparente, afin que les responsabilités éventuelles soient déterminées par la justice.
Car au-delà de l'émotion et des déclarations, une question reste entière : qui a tué Vally Amisi, dans quelles circonstances et pour quels motifs ?
La réponse ne saurait venir des seules accusations publiques. Elle doit résulter de preuves vérifiables et d'une procédure judiciaire menée jusqu'à son terme.
Le Travailleur
