Depuis la guerre d’agression du 2 août 1998 appuyée par le Rwanda et ses alliés contre la République démocratique, les Congolais sont souvent impliqués dans plusieurs campagnes d’éducation civique afin de susciter en lui l’amour de sa patrie. Hier sous Mzee Laurent Désiré Kabila cette stratégie a payé quand tout le monde s’est approprié cette guerre jusqu’à ce que les ennemis de la République ont échoué dans leur tentative de prendre la ville province de Kinshasa qui est la capitale de la RD.Congo. Aujourd’hui à travers la campagne telle que « Bendele EKUEYA TE » c’est également une interpellation des forces vives pour soutenir nos militaires de manière à bien défendre le drapeau face à l’occupation de l’ennemi en complicité avec certains fils du pays. Cependant nous pensons qu’il faut aller au-delà des simples slogans.
Pratiquer le civisme c’est fondamentalement être un bon citoyen. Et être un bon citoyen se résume dans la manifestation, par le citoyen, d’un amour vibrant et sans bornes pour sa patrie, au moyen du plus grand nombre possible d’attitudes et de comportements exemplaires. Parlant de la participation politique le professeur NGOMA BINDA, souligne ce qui suit :
«Aimer son pays c’est manifester un comportement civique, plus exactement, un comportement qui va dans le sens du respect des lois et règles qui organisent la société pour y apporter l’ordre, l’unité et la paix nécessaire au travail et à la coopération fructueuse entre les citoyens».
Se comporter de manière civique c’est sortir de la sauvagerie d’une vie de la jungle où il n’y a ni loi ni ordre ; c’est entrer dans la cité, qui se veut un territoire, une espèce de vie bien ordonnée par ce que régi par des lois rationnelles et justes, démocratiquement adoptées par tous ou par les représentants des citoyens. Se comporter de façon civique c’est faire acte de civilité ; c’est s’efforcer constamment de respecter les lois de la cité ainsi que les concitoyens. Par concitoyens, il faut entendre aussi bien les autorités que toutes les autres personnes qui sont des pairs, des citoyens égaux ou des subordonnés. Du reste ; nous sommes tous ontologiquement des pairs au sein de la cité nationale et terrestre.
Aimer sa patrie c’est poser, à tout instant et en toutes les circonstances, des actes susceptibles d’accroitre son honneur et sa dignité, de renforcer ses capacités et sa crédibilité, d’augmenter les potentialités de paix, l’unité et de cohésion de tous ses membres, d’assurer davantage de possibilités de progrès pour soi-même, pour les autres et pour l’ensemble de la nation.
Aimer sa patrie c’est éviter de commettre le moindre acte qui risque de souiller son honneur, de l’affaiblir face à ses ennemis et concurrents, de handicaper ses efforts d’unité et de progrès, de prospérité et de puissance.
Aimer sa patrie, sa nation et ses concitoyens, c’est éviter de leur faire quoi que ce soit qu’on n’aimerait jamais subir soi-même. Et la toute première interdiction ou le tout premier acte à éviter, c’est la commission de l’injustice ou le refus de donner à l’autre ce qui, dans le partage des biens, devrait lui revenir conformément à la raison et à l’équité.
Un dirigeant qui ne donne pas de salaire qu’il faut à ses ouvriers n’aime ni sa patrie, ni ses concitoyens, ni la paix, même s’il se proclame nationaliste ou patriote. Un gestionnaire qui vole les deniers publics pour les investir ailleurs, dans les autres pays, doit être condamné sévèrement, à mort s’il le faut, pour crime contre le civisme, pour trahison contre sa patrie et attentat délibéré à la vie de ses concitoyens. Il mérite triplement la peine la plus forte parce qu’il vole, parce qu’il prive ses concitoyens de possibilités de vie, et parce qu’il fournit aux étrangers de plus grandes possibilités d’avancer et besoin d’exploiter davantage et de dominer les autres, y compris ses compatriotes frères et sœurs. Dans le même ordre d’idées :
« Aimer sa patrie c’est éviter, de toutes ses forces, de succomber à la tentation de la corruption, de la concussion, du détournement des biens publics et de la fraude fiscale. Tous ces maux dépriment l’économie nationale, désarticulent les mécanismes de fonctionnement d’une nation, jettent le pays dans le désordre et dans l’incapacité à s’acquitter de ses obligations sociales, matérielles, politiques et culturelles. Aimer sa patrie c’est payer ses impôts et taxes, grâce auxquels se forme la richesse des nations et des citoyens », a souligné le politologue.
Tous les pays forts du monde le sont devenus grâce à la discipline des citoyens, en particulier vis-à-vis de leurs obligations fiscales. S’il y a aux États-Unis d’Amérique, une violation de la loi qui est la plus crainte par tous les citoyens, du président de la république au plus humble d’entre eux, c’est la fraude fiscale. Cette pratique n’honore point quiconque s’y adonne ; bien au contraire, elle envoie à la honte et en prison. Un pays dont les citoyens versent dans les fraudes et les évasions fiscales, est condamné à la pauvreté de la majorité de ses habitants, quant à ses moyens de sécurité et de défense, à la faiblesse et à la dérision sur le plan international.
Le civisme fiscal est le premier atout de toute nation qui aspire à la puissance. Dans une société bien gouvernée, tout individu coupable de fraudes douanières et/ou fiscales, est sanctionné très sévèrement. La sanction à infliger à quiconque verse dans la fraude et l’évasion fiscale doit être exemplaire par rigueur, elle doit être à la fois une punition, une réparation et une dissuasion efficace pour les autres.
En définitive, faire preuve de civisme c’est se montrer véritablement bon citoyen ; c’est respecter les prescrits de la citoyenneté, en particulier celui de l’amour de la patrie et de ses compatriotes. Aimer ces compatriotes c’est ne jamais accepter qu’ils soient dominés, subjugués, exploités, spoliés ou réduits à l’esclavage par qui ce soit, citoyen ou étranger. Être un citoyen véritable c’est, essentiellement, être un homme ou une femme responsable, un homme ou une femme de devoirs, qui se sait d’une manière claire coresponsable de la destinée, heureuse ou malheureuse de sa patrie.
L.T
