Depuis bientôt 4 semaines le secteur éducatif congolais est en ébullition. Le gouvernement à travers le Ministère de l’Education nationale et Nouvelle citoyennété avait décrété la rentrée scolaire au 2 septembre 2024. Suite à l’appel des différents syndicats des enseignants à la grève. A l’heure actuelle c’est le ping- pong qui se joue entre le gouvernement et le banc syndical. Et pourtant Durant les négociations de BIBWA la ministre de tutelle, la ministre de l’Éducation nationale et nouvelle citoyenneté, Raissa Malu wa Dinanga qui a pris une part active à ses travaux s’est dit satisfaite car les discussions constructives ont finalement abouti à un compromis républicain et pragmatique. «Nous avons privilégié l’intérêt général en lieu et place de nos intérêts corporatistes. Nous avons placé devant toute autre chose, l’intérêt supérieur de nos enfants».
A l’heure actuelle, plusieurs écoles conventionnées et publiques tiennent à respecter le mot d’ordre des différents syndicats qui ne jurent qu’à l’amélioration des conditions des vies des professionnels de la craie et d’autres services dépendant du système scolaire. Depuis la rentrée , la confusion est toujours totale sur toute l’étendue du territoire national. Dans la ville province de Kinshasa la capitale, la trop présence des écoles privées font croire par moment que les choses semblent tourner à merveille. Ce qui n’est pas le cas surtout dans les écoles publiques et conventionnées qui s’en tiennent au mot d’ordre des Syndicalistes qui ont rejeté les conclusions des travaux de Bibwa. Initialement les différents syndicats des enseignants de la RD.Congo à commencer par le SYECO (Syndicat des enseignants du Congo) et la Synergie des enseignants de la RD.Congo regroupant le Synecat, CGT, FA, COFEVID, SYNEPCO et SYADEC avaient lancé un préavis de grève de non reprise des cours pour le lundi 2 août en cas de non satisfaction de leurs attentes. Néanmoins, les grévistes ont affirmé qu’ils restent ouverts au dialogue sincère tendant à trouver des solutions idoines aux revendications des enseignants. C’est ici où nous estimons que le Président de la République, Felix Antoine
Tshisekedi est appelé à s’impliquer personnellement en échangeant avec les vrais syndicalistes des enseignants pour qu’il s’imprègne des vrais problèmes qui se posent dans le secteur.
LE GOUVERNEMENT N’EST PAS TOUJOURS PRET A PAYER 500 DOLLARS AUX ENSEIGNANTS
Sur terrain, plusieurs syndicalistes affirment que le mot d’ordre est respecté à Kinshasa et surtout dans plusieurs provinces où il n’y a pas encore le mouvement de reprises.
Dans plusieurs écoles de Kinshasa les enseignants se rendent plus pour signer la présence parce qu’ils se disent que la grève se fait sur le lieu de service. « Toutefois, les élèves qui arrivent à l’école on ne sait pas les chasser. Ils sont seulement encadrés pour x temps, on n’enseigne presque pas et après on les libère », a dit un enseignant du secondaire.
Jusque-là, la mauvaise foi du gouvernement est manifeste en ce qu’il ne veut pas accéder aux revendications des enseignants. Il s’agit surtout de la revendication majeure qui consiste à octroyer un salaire minimum de 500 dollars américains soit
1.500.000 Francs congolais en respectant le panier de la ménagère qui s’effrite au jour le jour.
DES MIETTES POUR LE COMPLEMENT AMPUTE
À partir de lundi 16 septembre 2024, plusieurs enseignants ont reçu des messages dans leurs téléphones mobiles en rapport avec la paie complémentaire du mois d’août de 50.000 FC qui ne représente à peine que 17 dollars. Mais contre toute attente, cette somme a été amputée de 3.000 ou 4.000 FC et les bénéficiaires n’ont eu que 46.000 ou 47.000 FC amputés sans raison. Pour certains ce sont des frais bancaires mais pour d’autres ce sont des retraits sans fondements. En principe c’est le gouvernement qui devait payer le surplus. Ce qui n’a pas été le cas malheureusement. Désormais tous les enseignants du secteur public et ceux des écoles conventionnées ont le regard tourné vers la paie de septembre qui sera déterminant pour la levée ou la poursuite de la grève. Même l’enveloppe salariale de
Septembre n’a connu aucune modification.
Plusieurs professionnels de la craie interpellent à cet effet, le ministre de la Fonction Publique qui a également la modernisation de l’Administration publique pour accélérer les reformes devant aboutir au changement du statut spécial de l’enseignant et son intégration à la Fonction publique.
L’heure n’est plus à la politisation de la cause de l’enseignant congolais qui n’a que trop enduré des promesses non tenues des différents gouvernements depuis plus de trois décennies. Les enseignants congolais méritent mieux.
Godefroid NGAMYS
