https://letravailleur.net/backend/upload/profil/11114013596716e180a71b11.46499731.png

RDC/Grève Des Enseignants : «on Ne Mange Pas De Patriotisme Car Ventre Affamé N’a Point D’oreille», Noël Tshiani à Judith Suminwa

 Lors d’un entretien avec la presse, dans le cadre des 100 jours de son gouvernement, la première ministre, Judith Suminwa, a appelé les enseignants grévistes à faire preuve de patriotisme et à reprendre les cours.  « Je pense qu’une certaine dose de patriotisme est importante pour ne pas laisser nos enfants à l’abandon et leur permettre au  moins d’aller à l’école », a lancé la cheffe de l’exécutif provincial aux enseignants grévistes. Réagissant à cet appel du premier ministre, l’ancien candidat à la présidentielle de 2018, Noël Tshiani Muandiamvita a dit être « très préoccupé que le patriotisme soit l’unique solution proposée par le Premier Ministre aux enseignants grévistes afin qu’ils reprennent le travail» .Pour ce professeur des Universités, «l’appel au patriotisme est important, mais on ne mange pas de patriotisme car ventre affamé n’a point d’oreille». APPEL À UNE SOLUTION DURABLE Noël Tshiani Muandiamvita démontre le chiffre à l’appui que le salaire actuel des enseignants est dérisoire et appelle la cheffe de l’exécutif national à trouver une solution durable à leur grève. «Le salaire moyen d’un enseignant est de 406.000 Francs le mois (soit 145$), ce qui est très insuffisant pour nouer les deux bouts du mois. Il faut donc trouver une solution durable aux revendications des  enseignants qui sont légitimes et qui sont solubles car tout est question du pouvoir d’achat promis par le Chef de l’Etat», écrit Noël Tshiani sur X. Enfin, il demande au premier ministre de mobiliser son gouvernement pour déterminer pour toutes les catégories socioprofessionnelles le salaire minimum garanti réaliste qui tienne compte du coût de la vie. «Si on ne peut pas avoir un minimum garanti réaliste en un seul coup, on peut programmer cela au fil du temps mais de façon concertée avec les groupes socioprofessionnels concernés. Pendant ce temps d’attente, les gros salaires doivent être réajustés à la Baisse pour générer des épargnes qui pourront permettre de relever les petits salaires dans l’entre-temps. Il nous faut donc trouver une justice sociale équilibrée Et il faut donc que le patriotisme s’applique à tout le monde pour baisser les tensions sociales, il faut prêcher. par l’exemplarité. C’est ça être un bon patriote», renchérit-il. Pour rappel, les enseignants des écoles publiques du pays sont obligatoirement en grève depuis le 02 septembre 2024, date de la rentrée scolaire. Ils exigent du gouvernement congolais le paiement d’un salaire de 500 dollars américains. GRÈVE À L’EPST, « AVEC UN PEU DE JUGEOTE CETTE GRATUITÉ DE L’ENSEIGNEMENT PEUT ÊTRE ACCOMPAGNÉE AUTREMENT » ( Steve Mbikayi)  L’ancien ministre de l’enseignement supérieur et universitaire Steve Mbikayi fait un constat amer de ce qui  se passe dans le secteur de l’ enseignement primaire et secondaire depuis la mise en œuvre de la gratuite de l’enseignement de base par le Président Tshisekedi . Pour le député national Steve, très connu pour sa passion en matière de l’enseignement qui s’est exprimé ce dimanche 13 octobre sur son compte X, les ministres qui sont succédés ne sont pas assez inventifs et intrépides pour mener à bien cette décision phare du Chef de l’État Congolais en faveur des enfants congolais.  « Ras le Cocotier, la gratuité de l’enseignement primaire est l’une des décisions phares du Président de la République en faveur de la population. Depuis sa mise en pratique , différents Ministres qui se sont succédés à la tête de l‘EPST n’ont pas été assez inventifs et intrépides pour échafauder des mesures techniques successibles d’accompagner cette vision politique en vue d’obtenir des résultats escomptés » deplore cet élu de Mont-Amba. Et lui de constater : « Par conséquent, sur le terrain , la situation n’est pas bonne. Prés de deux mois après la rentrée scolaire, dans  la plupart des écoles primaires publiques les cours n’ont pas repris.Les élèves accusent un retard irrécupérable et commencent à manifester leur ras-le-bol dans la rue . Quand ils vont reprendre le chemin de l’école, l’année sera-t-elle prolongée seulement pour eux ou avec leurs insuffisances, iront-ils en vacances le 2 Juillet comme les autres ? Ou carrément pour eux l’année sera déclarée blanche ? autant des questions qui taraudent l’esprit de Steve Mbikayi   « C’est un sujet qui nécessite un débat national. La gratuité de l’enseignement a été salutaire pour les enfants issus des familles défavorisées. Elle a permis à des millions d’ enfants d’aller à l’école. Le revers de la médaille est que les salles de classe sont bondées. Ça ne permet pas un encadrement adéquat des élèves par les enseignants. Ajouter à cela le retard accumulé suite aux grèves, les enfants deviennent i n t e l l e c t u e l l e m e n t irrécupérables et définitivement en retard par rapport à ceux qui fréquentent des écoles privées. Ils risquent  d’être définitivement sacrifiés. Cela porte un coup dur à l’égalité des chances pour les enfants congolais. On ne serait pas arrivé là si pour bien accompagner la vision du Chef de l’État dans ce domaine, les différents ministres de l’ nseignement primaire et secondaire étaient sortis des sentiers battus. Avec un peu de jugeote cette gratuité peut être accompagnée autrement » conclut-il. LA LUCHA EXIGE AU GOUVERNEMENT CONGOLAIS LA RÉPONSE ADÉQUATE AUX REVENDICATIONS LÉGITIMES DES ENSEIGNANTS Le mouvement citoyen Lutte pour le changement Lucha, a dénoncé dans un communiqué l’incapacité du gouvernement Suminwa a assurer l’effectivité de la rentrée scolaire. La Lucha note avec tristesse l’indifférence du gouvernement congolais face au mouvement de grève décrété par les enseignants des écoles primaires publiques. Ce mouvement de grève déclenché dès la reprise des  cours le 02 septembre handicape le parcours scolaire des élèves qui se retrouve abandonnés à leur triste sort. Le cas plus récent est la marche de protestation des élèves du collège Ntetembwa à Matadi qui a été violemment réprimée par la police, et les auteurs comparaissent actuellement au tribunal militaire de garnison de Matadi. Face à cette situation, la Lucha exige que » le gouvernement congolais réponde aux revendications salariales légitimes des enseignants afin permettre la de reprise immédiate des cours dans le écoles primaires publiques » par la même occasion la Lucha salue l’ouverture du procès concernant les auteurs de la répression violente des écoliers à Matadi. Considérant l’importance de l’éducation pour l’avenir de la nation la Lucha prévoit de mobiliser les forces et des actions de grande envergure ce 02 novembre si aucune décision n’est prise par le gouvernement. LT