Après les
événements qui ont conduit au meurtre de plusieurs prisonniers au Centre
pénitencier et de Rééducation de Kinshasa (ex Prison Central de Makala), le
ministre de la Justice Constant Mutamba avait ordonné la libération sous
condition de plusieurs prisonniers dont les criminels urbains reconnus sous le
nom de « Kulunas » et plusieurs repris de justice. Conséquence, dans
plusieurs communes de Kinshasa, on déplore la recrudescence du banditisme
urbain.
Dans le District de la Tshangu, particulièrement les quartiers de
Kingasani, Mfumunkento et Mbemba Fundu sont décrits comme cible des inciviques
qui sont à la base d’une insécurité généralisée. Depuis un mois on déplore déjÃ
une quinzaine de personnes tuées victimes de ces inciviques. Sans compter des
blessés civils et militaires. L’un des policiers officier de surcroit garde
d’une haute autorité de la ville de Kinshasa s’est retrouvé avec des doigts
coupés après une intervention dans son quartier.
Renforcer
l’autorité de l’Etat
Les policiers avec armes sont parfois défiés par les Hors la loi sous
l’effet de la drogue munis des armes blanches prêts à en découdre avec les
forces de l’ordre. Ce qui peut provoquer un bain de sang à tout moment si
aucune disposition n’est prise.
Il convient de souligner que l’axe Ngampani,Okito (Cfr direction Papa
Yumbu) jusqu’au coin de l’avenue Momboyi où se trouve l’Eglise Centre
Evangélique la Voie de la Restauration (CEVR) est considéré comme couloir de la
mort chaque soir. Le responsable du CEVR, le pasteur Jérémie Ngamisata
serait présentement dans un pays étranger suite aux menaces récurrent de
certains barbouzes en civil proches du régime en place depuis une année.
Il y a juste une semaine, un jeune homme revenant du boulot a été abattu
froidement avec des machettes sur l’avenue Ngampani à 15 mètres seulement de
l’ancienne résidence de pasteur Jerémie N. responsable de CEVR.
Face au laxisme des policiers, le lieu du crime est momentanément sécurisé
par quelques éléments des Forces armées congolaises pour faire face à la montée
des Kuluna et les Ecuries des jeunes délinquants communément appelé
« THAILLANDAIS » habitant aux alentours de l’Eglise CEVR.
Interrogé au sujet de cette insécurité grandissante, un habitant du
quartier a confié ce qui suit : « le banditisme urbain a atteint un
niveau insupportable. Nous sommes souvent l’objet d’attaque de plusieurs
écuries des jeunes voisins qui détruisent tout à leur passage (Armée rouge,
armée jaune, Zaïre, « Allemagne », « Américains »,
« Arabes show et tant d’autres). Comme ici c’est la Thaïlande, il n’y a
que « les jeunes Thaïlandais » qui peuvent bien sécuriser leur
territoire », a-t-il dit.
Dans certains coins les plus reculés de la commune de Kimbanseke c’est même
le No man’s land. Même les forces de l’ordre n’y ont pas accès.
Impact des
Kuluna dans le vécu quotidien des habitants
Plus de 80 pourcent de la population vit de la débrouille. Avec la reprise
à outrance du phénomène « KULUNA », plusieurs activités sont
paralysées, les biens des paisibles citoyens confisqués ou volés, certains
innocents se retrouvent avec des bras et certaines parties du corps coupés. Ce
qui freine davantage le développement en exacerbant la pauvreté. Car ces
délinquants s’attaquent plus aux gens qui sont actifs. Ces KULUNAS se promènent
avec des armes blanches au vu et au su de tout le monde. Ils exigent parfois des contributions
obligatoires aux petits commerçants. Une sorte de taxe communément appelé
« Rapport » dans le jargon des Kulunas. Cette « taxe » est
partagée entre la hiérarchie des Kuluna « Roi » et certaines autorités
des Sous commissariats où ces bandes opèrent. C’est vraiment le monde Ã
l’envers.
Le Travailleur
