Depuis quelques années, l’on ne peut traverser non seulement un coin de Kinshasa, la capitale de la République Démocratique du Congo et toutes les grandes villes du pays sans rencontrer un taxi moto communément appelé Wewa. Cette situation est devenue une réalité à tel point que ce moyen de transport en commun est devenu incontournable.
Le Wewa a pratiquement envahi le secteur de transport en commun.
Certains coins de la ville autre fois considérées impraticables ou encore enclavés par les conducteurs des véhicules le taxi moto est une solution pour ce faire.
Au début ce moyen de transport n’était accepté par la population kinoise et avec le temps c’est devenu le moyen de transport incontournable et le plus régulier de la ville. Et surtout préféré par les femmes.
Les conducteurs des taxis motos stationnent dans chaque coin de la ville à la recherche des clients pour diverses destinations.
Par manque d’un bon système de transport en commun et le mauvais état des routes ; les motos cyclistes profitent de cette situation pour ce faire de l’argent.
Ces jeunes gens sans une formation adéquate pour non seulement rouler mais aussi travailler dans le secteur du transport en commun.
Selon un passant à Kintambo magasin ; les wewa ne respectent aucune règle de la circulation routière et représentent un danger pour les usagers de la route. Ils conduisent très mal, toujours à vive allure, sans se contrôler.
Ils roulent souvent à sens inverse et sans s’inquiéter aussi. Cela crée des accidents par fois mortels et c’est presque chaque jour qu’on déplore cet état des choses. Toujours selon notre interlocuteur, ces jeunes sont aussi souvent ivres en plein service et cette situation met en danger leur vie et celle des passagers.
« Nous avons accepté de prendre ce moyen de transport tout en sachant que c’est vraiment dangereux pour nous par rapport aux comportements des wewa », a-t- il dit avant d’ajouter que ces jeunes gens de fois ne comprennent pas qu’ils ont un travail rémunérateur et doivent maitre du sérieux dans leur conduite. Avoir un peu de la conscience professionnelle. Ils ont aussi un problème de la tarification, les motocyclistes n’ont pas un prix fixe comme les autres moyens de transport.
De fois le prix est fixé à la tête du client et c’est déplorable. Par rapport à la tarification ; Martin un wewa de la commune de Bandalungwa précise que l’autorité urbaine n’a pas précisé sur ce point étant donné que le transport en commun par moto conduit le passager dans des endroits que le véhicule ne peut arriver.
Ce motocycliste poursuit que pendant la saison de pluie ils font plus d’argent qu’à la saison sèche.
Avec les vacances des élèves c’est un manque à gagner pour eux. Ils préfèrent plus les femmes que les hommes car elles ne discutent presque pas pour le prix contrairement aux autres.
À lui de préciser encore que grâce à son travail la prise en charge de sa petite famille est garantie, ses deux enfants sont scolarisés et son loyer est bien payé. Il est gradué de l’ISC /Gombe faute de travail il a jugé bon de devenir un motocycliste pour le bien-être de sa famille.
Comme tout automobiliste il se plaint toujours des tracasseries policières des agents charge de la régulation routière communément appelés roulages. Pour qu’une moto soit mise en service du transport public, il faut payer 15dollars américains pour l’autorisation du ministère provincial des transports, 10 dollars américains pour l’identification de la moto. À ajouter à cette somme chaque moto doit avoir aussi une plaque d’immatriculation et elle coute 30 dollars américains plus 2 dollars pour la commission.
Le port du casque est aussi obligatoire pour le motocycliste que les passagers. Mais nous constatons que les wewa portent les casques ces derniers temps, sans tenir compte des passagers.
Ces jeunes gens d’abord venus d’ailleurs notamment du Grand KASAI et du Congo profond, puis les natifs de Kinshasa ont aussi emboité les pas pour ce travail générateur des revenus.
Une moto taxi produit entre 50000 et 70000 FC par jour, selon quelques wewa trouvé dans ces carrefours ; Pompage, Kintambo magasin, Rond-point victoire, Kingambwa point chaud, rond-point Mandrandele à Kingabwa TP. Comme ce n’est pas facile de s’acheter une moto, les motocyclistes utilisent leurs engins avec un contrat et souvent verbal au près du propriétaire.
Certains prennent la moto à crédit et d’autre travaillent catégoriquement pour le propriétaire de la moto moyennent un payement journalier allant de 20000 à 25000 franc congolais. Chaque jour, l’hôtel de ville de Kinshasa perçoit 500 francs congolais par moto et c’est obligatoire, au cas contraire une amende de 100000 francs congolais est prévue pour ce faire. Malheureusement en contre-partie l’Hôtel de ville ne fait rien avec les différentes sommes perçues au quotidien dans tous les Parkings disséminés dans toute la ville de Kinshasa.
C’est vrai ces jeunes gens sont en train d’aider la population congolaise en générale et kinoise en particulier, mais ils méritent une formation appropriée pour qu’ils comprennent comment on doit rouler dans une grande ville.
Cette formation doit faire appel à la police de la circulation routière et pourquoi pas créée une brigade spéciale pour eux.
Pinto Kwale
