La Cimenterie Nationale de Kimpese (CINAT SA) continue sa descente aux enfers. Alors que l'entreprise a du mal à relancer sa production suspendue depuis 2011, elle vient d'être déguerpie de son siège social situé dans une concession de l'Eglise du Christ au Congo (ECC) à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo (RDC). Son directeur général, Flamand Ilanye, reste sans bureau pour l’instant.
Toutes les tentatives de relance de cette société sont restées vaines jusqu’ici. L’usine ploie sous le poids d’une dette de plus de 64 millions de dollars.
A Kinshasa, la CINAT n'a plus ni bureau ni siège social viable. Dans son patrimoine immobilier, l'entreprise possède néanmoins une parcelle au quartier UPN, dans la commune de Ngaliema. Mais là encore, un ancien directeur général de l'entreprise en a fait sa propriété privée et refuse de laisser la place à l'entreprise ni à son nouveau directeur général, Flamand Ilanye.
Des travailleurs, sans activité depuis, tirent la sonnette d'alarme en direction du gouvernement congolais, particulièrement la Première ministre, Judith Suminwa, pour ne pas laisser mourir ce fleuron national de la cimenterie créé depuis 1970. A l’arrêt depuis 2011, la CINAT n'arrive toujours pas à sortir la tête de l'eau. Malgré la perspective de sa relance urgente évoquée par Julien Paluku, alors ministre de l’Industrie, lors de la 40ème réunion du Conseil des ministres du gouvernement Sylvestre Ilunkamba, la CINAT n'a toujours pas connu cette relance. À l'époque, Julien Paluku avait promis, après sa visite d’inspection dans cette société étatique, de peser de tout son poids pour un démarrage urgent des activités de cette unité de production qui emploie plus de 2000 personnes. Il soulignait à cette époque que si la CINAT produit un sac de ciment à un prix estimé à 5 dollars américains, les prix de construction des routes du pays va nécessairement baisser.
Mais cette relance n’a jamais eu lieu. En marge d’une visite dans l’usine de cette cimenterie, à Kimpese, au Kongo Central, l’actuel ministre du Portefeuille, Jean-Lucien Bussa, avait promis en août 2024 de proposer au Gouvernement des alternatives pertinentes en vue de relever les défis qui freinent la relance de la production de cette cimenterie. Sept mois après, les choses semblent s’empirer. L’entreprise perd même son adresse sociale. Cette usine qui est à l’arrêt depuis plus d’une décennie nécessite une réhabilitation complète. Julien Paluku avait également proposé le recrutement d’un Cabinet d’audit devant faire l’état des lieux et dégager la valeur de l’usine, en passant par celles de la réhabilitation partielle ou totale de l’usine. Le gouvernement avait autorisé le décaissement de 81 840 dollars pour son audit technique. Le ministre Julien Paluku avait sollicité l’octroi des exonérations pour les intrants et pièces de rechange. Mais jusque-là , les lignes ne bougent pas encore.
A l’origine, sa capacité de production était de 300.000 tonnes de ciment par an. Son siège d’exploitation est situé à Kimpese, au Kongo-Central, tandis que le siège social se trouve à Kinshasa. Malheureusement, ils ont été déguerpis, devenant sans domicile fixe pour l'instant. Sa capacité de production est d’environ 1.000 tonnes de ciment par jour, soit 20.400 sacs de ciment de 50 Kg par jour. La CINAT a connu plusieurs difficultés notamment administratives, juridiques, techniques et foncières. Le total de son endettement est d'environ 64 millions de dollars, sans compter la situation de son partenariat avec CODER, une société privée détenant 40% des parts de la société.
Given M/LT
