La Cour internationale d’arbitrage de la Chambre de commerce internationale a, derechef, rendu, le 10 mars 2025, un arrêt favorable à AVZ Minerals dans le contentieux qui l’oppose à la Cominière. L’entreprise congolaise a été condamnée à une pénalité de 42,4 millions $US pour non-respect des décisions du tribunal. Le litige remonte à la rupture contestée par AVZ du partenariat autour du projet de lithium de Manono. En 2023, AVZ avait obtenu des injonctions interdisant à la Cominière de prendre des décisions jusqu’à ce qu’un jugement soit rendu sur le fond.
Cependant, la société publique congolaise n’a pas respecté ces ordres. Le tribunal a estimé que Cominière avait violé ces injonctions en obtenant une extension du permis litigieux, en sollicitant et obtenant sa scission, qui a ensuite été attribuée à Manono Lithium SAS, une coentreprise entre Cominière et une filiale du géant minier chinois Zijin Mining.
Si cette décision renforce la position d’AVZ, elle ne règle toutefois pas la question de fond du litige. De plus, la manière dont AVZ compte récupérer la somme imposée à la Cominière reste floue. Par ailleurs, la Cour a rejeté la demande de Cominière visant à annuler les injonctions précédentes, mais ne s’est pas encore prononcée sur l’éviction d’AVZ du projet.
Mais l’entreprise australienne est désormais favorable à un rapprochement avec les États-Unis. Le 14 mars, AVZ a, en effet, confirmé chercher du soutien aux États-Unis pour faire avancer le développement du projet Manono. La société a précisé avoir « rencontré diverses parties qui ont exprimé leur intérêt pour le projet Manono », sans toutefois révéler l’identité des interlocuteurs ni les objectifs précis des discussions engagées.
KoBold est une jeune compagnie minière qui s’est fait connaître en 2022 en investissant dans le développement d’un gisement de cuivre en Zambie. « L’entreprise ambitionne de mettre les nouvelles technologies, en particulier l’intelligence artificielle, au service de l’exploration des minerais stratégiques nécessaires à la transition énergétique. En 2023, son PDG, Kurt House, affirmait que la RDC est probablement «?le meilleur endroit au monde?» pour les matériaux que recherche sa société. Jamais un sans deux. Fort probable, la firme américaine KoBold ferait des émules à Wall Street. Depuis le 15 avril 2024, les États-Unis ont porté à cinquante (50 ) la liste des minerais qu’ils jugent critiques ou stratégiques. Il s’agit de : aluminium, antimoine, arsenic, barytine, béryllium, bismuth, cérium, césium, chrome, cobalt, dysprosium, erbium, europium, spath fluor, gadolinium, gallium, germanium, graphite, hafnium, holmium, indium, iridium, lanthane, lithium, lutétium, magnésium, manganèse, néodyme, nickel, niobium, palladium, platine, praséodyme, rhodium, rubidium, ruthénium, samarium, scandium, tantale, tellure, terbium, thulium, étain, titane, tungstène, vanadium, ytterbium, yttrium, zinc et zirconium. En RDC, chez Tshisekedi donc, les Américains peuvent trouver tous ces minerais en un seul endroit. LT
