« La défense des intérêts des travailleurs et des fonctionnaires de l’Etat doit être la priorité des priorités pour toute organisation syndicale et non la recherche du gain facile ». C’est ce qu’a indiqué en substance le président de l’Intersyndicale de l’Intersyndicale nationale de l’Administration publique, M. KIYANGI Mutandila Fidèle.
Il a invité le gouvernement congolais à mettre de l’ordre dans le secteur en limitant le nombre des syndicats en RD.Congo pour plus d’efficacité. Quant aux travailleurs Congolais, ils sont appelés à opérer des bons choix en votant pour les syndicats à même de défendre efficacement leurs intérets.
Voici in extenso l’interview qu’il nous a accordés.
Le Travailleur : Quel est votre parcours ?
Kiyangi M. Fidèle : Je suis dans le monde syndical depuis 1993.D’abord comme militant de la CSZA (Confédération syndicale du Zaïre). Après le militantisme, j’ai été élus sur la liste de la CSZA comme délégué syndical à la Banque continentale au Zaïre (BAKAZ) qui s’est liquidée volontairement en 1998 avec l’appellation BANCOC (Banque continentale africaine au Congo). La CSZA ayant obtenu la majorité aux élections, j’ai été désigné comme président syndicale de la BAKAZ. Et j’ai fini deux mandats d’abord de 1993 à 1996 et de 1996 à 1999. Et après la liquidation de la Banque la CSZA était devenue CSC avec le changement du nom du pays. Soit la Confédération syndicale du Congo qui a décidé de recruter comme syndicaliste professionnel. D’abord comme secrétaire urbain professionnel et après j’ai été élevé au rang de secrétaire interprofessionnel adjoint à la fédération urbaine de Kinshasa. Et finalement la CSC m’a élevé au rang du secrétaire général en charge de la centrale de l’administration publique, service publique, banques, assurances et institutions financières.
En 2013, la CSC ayant obtenu la majorité lors des élections organisées par l’Administration publique congolaise, elle m’a désigné pour la représenter au sein de l’intersyndicale nationale de l’Administration publique depuis la même année. C’est dans ce contexte que je préside l’intersyndicale de l’administration publique et l’intersyndicale des régies financières. Et pour tout dire, j’ai eu à suivre plus ou moins plus de 60 sessions de formation tant au pays qu’à l’extérieur. J’ai participé à plus ou moins 7 fois aux sessions de la Conférence internationale du Travail à Genève. Et aujourd’hui je suis formateur syndicale.
L.T. : Pourquoi avez-vous choisi d’adhérer à la CSC
K.M.F : C’est parce que lors des premières élections pluralistes de 1993, c’est la CSZA qui deviendra par la suite CSC qui m’avait convaincu lors de son Assemblée générale de la manière dont il défend ses membres. Et depuis ce temps-là je suis resté sans changer de syndicat jusqu’à ce jour.
L.T. : Quels sont les faits saillants de votre parcours
K.M.F. : Certes il y en a plusieurs mais je peux mentionner entre autres la défense des travailleurs de la Banque de 1993 à 1999. Ce qui m’a permis de faire en sorte que les indemnités de fin de carrière de la banque soient payées. Toute ma vie est marquée par l’apostolat et surtout l’engagement que j’ai vis-à -vis des fonctionnaires et agents de l’Etat. Il ya également mon arrestation en 2020 à l’Agence national de renseignement (ANR) sur instigation de l’ancienne ministre de la Fonction publique YollandeEbongoBosongo du gouvernement Ilunga Ilunkamba après plusieurs interventions des partenaires dont l’Organisation Internationale du Travail (OIT).
Un autre élément c’est le fait d’avoir initié le basculement de la passion octroyée à la pension contributive des agents et fonctionnaire de l’Etat et le fait d’avoir été à la base de la création de la caisse nationale de sécurité des Agents publics (CNSAP). Et surtout d’avoir amené le gouvernement à mettre en place une nouvelle loi portant statut des Agents de carrière des services publics de l’Etat.
L.T : Quels sont les sujets actuels de revendication ?
K.M.F : Pour les fonctionnaires, on peut mentionner la tenue de la commission paritaire gouvernement- INAP pour parler de la politique salariale. En outre le paiement avec récupération du pouvoir d’achat des salaires de base aux agents et fonctionnaires de l’Etat.
L.T. Comment percevez-vous l’évolution du syndicalisme en RDC
K.M.F. :Elle est médiocre du fait que nous ne sommes pas dans le pluralisme mais dans la pluralité. Le pluralisme c’est quand vous lutter autour d’un projet précis mais quant à la pluralité chacun se réveille pour créer un syndicat même sans projet. Tout évolue sous l’œil complaisant du gouvernement qui devait mettre de l’ordre. En termes de perspectives d’avenir, nous sollicitons que les autorités puissent prendre des mesures pour limiter le nombre des syndicats au Congo pour plus d’efficacité. Et aux travailleurs de voter les syndicats capables de défendre leurs intérêts.
L.T. Votre mot de la fin
K.M.F : La défense des intérêts des travailleurs et des fonctionnaires doit être la priorité pour toute organisation syndicale œuvrant chez nous et non la recherche de gain facile et la corruption.
Propos recueillis par Godefroid NGAMISATA
