Des tonnes de minerais ont été pillées à Goma et Bukavu. Des terres spoliées, des maisons détruites, des familles anéanties. Kigali est pointé du doigt comme commanditaire. Le gouvernement congolais, consterné, affirme, dans un récent rapport, continuer à collecter les preuves de ces crimes pour que justice soit rendue.
Le drame s’inscrit dans une continuité glaçante. Entre les 17 et 27 mars, 73 personnes avaient déjà été tuées. A ce tableau sombre s’ajoutaient plusieurs disparitions forcées ainsi que des viols et enrôlements forcés de jeunes, y compris des enfants.
Le ministère de l’Intérieur, sécurité, décentralisation et affaires coutumières assure donc poursuivre à documenter toutes les violations graves perpétrées par les forces de défense du Rwanda et ses supplétifs afin que justice soit rendue.
Au total donc, 297 cas d’assassinats et d’exécutions sommaires, 72 cas de viols sur les femmes et mineurs, des centaines de disparus, plus de 148 cas de tortures corporelles ainsi que plusieurs cas de pillages. La partie orientale du Congo- Kinshasa continue de sombrer dans un climat de violence sans précédent. Les
populations vivant dans les villes et zones sous contrôle illégal des rebelles appuyés par les troupes rwandaises sont confrontées à toutes sortes d’atrocités.
– Avril ensanglanté –
Le rapport du gouvernement congolais est accablant. Après un mois de mars ensanglanté, celui d’avril ne fait pas exception. Le sang a encore coulé. Le ministère de l’intérieur et sécurité a dénombré plusieurs cas de tueries, séquestration et pillages allant du 5 au 12 avril dans les villes de Goma, Bukavu et ses environs. Selon le ministre Jacquemin Shabani qui alerte la communauté internationale sur ces crimes odieux, la coalition M23-RDF a, lors d’une incursion meurtrière dans la nuit du 11 au 12 avril, exécuté 52 civils par balles, dont un malade sur son lit à l’hôpital de Kyeshero.
D’après le membre de l’exécutif, aux côtés des assassinats s’ajoutent les pillages et confiscation des biens de populations. A Walikale, Kibua, Kibati, Kashebere, Ruvungi et Lubonga par exemple, des structures sanitaires ont été vandalisées par les forces rebelles. Plus de 2 000 vaches et des véhicules emportés.
– Des massacres en gestation –
Jacquemin Shabani a encore prévenu la nation et la communauté internationale sur la planification d’autres massacres et assassinats ciblés contre les populations civiles par des rebelles de l’AFC/M23 soutenus par l’armée rwandaise. « À travers des tueries de civils, l’armée rwandaise et ses supplétifs tentent désespérément de faire chanter les forces armées de la République démocratique du Congo. Les faits cités ci-dessus, qui s’ajoutent à ceux précédemment dénoncés, constituent une violation flagrante des instruments internationaux, notamment la Charte des Nations unies, l’Acte constitutif de l’Union africaine ainsi que la résolution 2773 du Conseil de sécurité de l’ONU », détaille le document signé par le numéro un de l’Intérieur.
– Administration illégale –
Kinshasa accuse la rébellion de persister dans la mise en place d’une administration parallèle avec la nomination des bourgmestres au Sud-Kivu et l’ouverture d’une
CADECO. Le gouvernement souligne que les différents braquages, pillages, vols et rafles opérés par l’armée rwandaise et ses supplétifs du M23-AFC sur les populations et les institutions financières dans les zones occupées, constituent un mécanisme de financement de la guerre par Kigali, qui éprouve, à ce jour, d’énormes difficultés pour prendre en charge ses militaires et supplétifs illégalement déployés sur le territoire congolais. R.NT/LT
