À l’heure où la majorité des Congolais ploient sous le poids du chômage, de la pauvreté et de l’absence des services sociaux de base, le bureau de l’Assemblée nationale, conduit par Vital Kamerhe, a choisi une autre priorité : satisfaire les revendications financières des députés et garantir une pension confortable aux honoraires.
- Des rémunérations en hausse fulgurante
Alors que les enseignants, médecins et fonctionnaires de l’État réclament en vain des salaires décents, la rémunération des députés nationaux connaît une revalorisation spectaculaire : de 15 750 USD au début de la législature, elle atteint aujourd’hui près de 20 000 USD. Deux nouvelles rubriques viennent gonfler cette enveloppe pour un supplément de 4 000 USD par élu, soit 11,7 millions de francs congolais débloqués à la veille de la rentrée.
- Assistants parlementaires : revendications quasi toutes satisfaites
Le bureau a également procédé à la nomination des assistants parlementaires et donné suite à 7 des 8 revendications déposées. Là encore, célérité et efficacité se sont manifestées lorsqu’il s’agit des proches collaborateurs des élus.
- Députés honoraires : une pension garantie
Les anciens parlementaires affiliés au Service de Sécurité Sociale des Parlementaires (SESOPA) bénéficient désormais du versement régulier et intégral de leur pension mensuelle. Une avancée obtenue grâce à l’appui du gouvernement, qui a accepté de réajuster le budget national pour couvrir les cotisations de toutes les législatures passées.
Le contraste est saisissant : pendant que l’élite politique se protège et améliore ses conditions, les travailleurs, les paysans, les étudiants et les chômeurs attendent toujours des réformes sociales et économiques concrètes. La session budgétaire 2025 s’ouvre donc sur un paradoxe : le budget de l’État prend soin des députés, mais laisse de côté l’immense majorité du peuple congolais.
