https://letravailleur.net/backend/upload/profil/99930880468ca590b6a24c5.30197748.jpg

Assemblée Nationale : Crispin Mbindule, Du Disciple Rebelle à L’arme Politique Contre Kamerhe

Kamerhe révèle bien plus qu’une querelle parlementaire. Un malaise profond à l’Assemblée nationale. Alors que le pays est confronté à la guerre à l’est du pays et traverse une crise économique et sociale marquée par la flambée des prix et le chômage massif, la Chambre basse est secouée par une affaire qui cristallise la colère populaire : la revendication d’un salaire de 21 000 dollars par député. Pour une grande partie de l’opinion, cette exigence est une véritable insulte faite à la République.

C’est dans ce climat que Crispin Mbindule, longtemps perçu comme un député à la fois proche et critique de Vital Kamerhe, monte au créneau. Il rappelle que la mission première des élus est de servir le peuple, non de se servir.

 

Kamerhe face à la tempête

 

Président de l’Assemblée nationale , Vital Kamerhe fait désormais face à une pétition visant cinq membres de son bureau, réceptionnée officiellement sous son autorité. Fidèle à son image d’homme de compromis et de légalité, il choisit de jouer la carte de l’apaisement :

« Nous n’allons faire aucune obstruction à une démarche légale. Une pétition ne signifie pas un arrêt de mort. Nous respecterons le règlement intérieur à la lettre et dans son esprit », a-t-il déclaré.

Mais dans les couloirs du Palais du Peuple, certains parlent déjà d’une offensive politique ciblée contre lui.

 

Le spectre d’une humiliation politique

 

À Kinshasa, la rumeur enfle : Fatshi laissera-t-il son allié subir une nouvelle humiliation ?

Après avoir partagé tant de victoires douloureuses, le duo Fatshivit (Félix Tshisekedi et Vital Kamerhe) semble à nouveau au bord de l’implosion. Le risque est grand de voir le « Pacificateur jusqu’au bout » glisser, malgré lui, vers le rôle de trouble-fête au sein de l’Union sacrée de la Nation (USN).

La plénière du 17 septembre : un tournant

Un communiqué du 1er vice-président Jean-Claude Tshilumbayi convoque une séance plénière le mercredi 17 septembre pour mettre en place une commission spéciale chargée d’examiner les pétitions. Cette étape institutionnelle est lourde de conséquences : elle pourrait décider de l’avenir immédiat de Kamerhe à la tête de l’Assemblée.

Les quatre tendances à suivre

- Front moraliste : porté par Mbindule et d’autres députés, il s’attaque à l’indécence des salaires et tente de reconquérir l’opinion publique.

- Front légaliste : incarné par Kamerhe, il prône le respect du règlement intérieur comme gage de transparence.

- Front politique : certains initiateurs voient la pétition comme un outil d’affaiblissement personnel de Kamerhe, bien plus qu’un acte de réforme.

- Front présidentiel : tout dépendra de la position du chef de l’État : laissera-t-il la procédure suivre son cours ou interviendra-t-il pour sauver l’équilibre Fatshivit ?

Un test grandeur nature pour l’Union sacrée. Au-delà des querelles parlementaires, cette crise illustre une vérité brutale : l’Union sacrée est traversée par des fractures profondes, alimentées par des ambitions individuelles et le partage contesté des privilèges.

Si Kamerhe réussit à transformer cette épreuve en démonstration de légalisme, il renforcera sa stature d’homme d’État. Mais si la pétition prend une tournure d’hostilité politique, elle pourrait marquer le début d’un lent démantèlement du tandem Fatshivit – et fragiliser encore davantage la stabilité du régime.

En conclusion, l’affaire Mbindule-Kamerhe n’est pas seulement une dispute de couloirs. Elle pose la question centrale : les députés nationaux représentent-ils vraiment le peuple ou défendent-ils avant tout leurs privilèges ?