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Kinshasa : Contrôles Des Permis De Conduire, Entre Bonne Initiative Et Frustrations Des Usagers

Le contrôle du nouveau permis de conduire a timidement démarré lundi 22 septembre sur certaines artères de Kinshasa. Si l’opération est effective dans des points stratégiques comme Kintambo Magasin, elle reste encore absente sur d’autres grands axes tels que le boulevard Triomphal ou le rond-point Mandela.

Sur place, des policiers en gilets verts, arborant les insignes de la ville, arrêtent conducteurs de véhicules et motards pour vérifier la possession et l’authenticité de leur document. À l’aide de machines de validation, ils scannent les permis présentés pour confirmer leur validité.

« Nous contrôlons les permis de conduire. Pour ceux qui en ont, nous vérifions à partir de la machine s’il s’agit d’un vrai ou d’un faux. Nous avons terminé notre formation la semaine dernière et nous sommes désormais en phase de contrôle », explique un major rencontré à Kintambo, sous couvert d’anonymat.

Pour l’instant, les conducteurs sans permis ne sont pas sanctionnés, mais simplement sensibilisés sur la nécessité de se conformer à la réglementation.

Un vieux problème de délivrance qui refait surface

Si l’initiative est saluée pour son objectif de sécuriser la circulation et de lutter contre les faux documents, elle met en lumière des difficultés anciennes liées à la délivrance du permis de conduire en République démocratique du Congo. Depuis des mois, les requérants dénoncent un manque criant de répertoires au sein du ministère des Transports, ce qui complique le suivi et la récupération des données.

En cas de perte, même muni d’un certificat officiel attestant la disparition du document, le conducteur est souvent contraint de reprendre tout le processus de demande comme s’il s’agissait d’une première obtention. Une procédure jugée coûteuse et décourageante.

Jean-Pierre M., chauffeur de taxi-bus, en a fait l’amère expérience :

« J’ai perdu mon permis il y a deux mois. Malgré l’attestation de perte des pièces que j’ai présentée, on m’a demandé de recommencer toutes les étapes, y compris les frais d’examen des formulaires C’est comme si l’État n’avait aucune trace de mon ancien dossier », témoigne-t-il, amer.

Des lenteurs et un manque de sites de délivrance. À cette complexité s’ajoutent les lenteurs administratives. Plusieurs conducteurs affirment qu’après avoir payé les frais requis, l’attente peut durer plus d’une semaine avant de recevoir le document final. « Se procurer un permis est une bonne chose. Mais lorsqu’on paie, cela peut prendre des jours, parfois des semaines, avant de recevoir le document », confie un motard rencontré sur le site de Kintambo.

Pour désengorger les points de contrôle et faciliter l’accès, les usagers plaident pour l’ouverture de nouveaux sites de délivrance, estimant que les quelques centres existants sont déjà saturés face à l’afflux des demandes. Certains dénoncent également des tracasseries imposées par des services non habilités, ce qui entretient la confusion et la frustration.

Entre régulation et nécessité de réforme. Le contrôle des permis à Kinshasa s’inscrit dans une volonté de modernisation et de sécurisation du transport routier. Mais tant que les problèmes structurels, manque de répertoires, lenteurs, procédures de remplacement ne seront pas résolus, l’opération risque de se heurter à la réalité quotidienne des conducteurs.

Les Kinois espèrent que cette campagne de contrôle servira aussi de levier pour réformer en profondeur le système de délivrance, afin que la possession d’un permis ne soit plus un parcours du combattant.