Ancienne Première dame et figure incontournable de la vie politique ivoirienne, Simone Ehivet Gbagbo annonce sa candidature à la présidentielle d’octobre 2025. À 76 ans, elle revient sur le devant de la scène avec la promesse de réconciliation, de justice sociale et de modernisation de l’État. Surnommée la « Dame de Fer », elle incarne un retour politique qui suscite à la fois espoir et controverse.
Une trajectoire politique marquée par l’engagement syndical et parlementaire
Née le 20 juin 1949 à Moossou, dans la commune de Grand-Bassam, Simone Ehivet se forme à l’Université Félix Houphouët-Boigny, à la Sorbonne-Paris-Nord et à l’Université Cheikh-Anta-Diop, avant de se lancer dans l’enseignement et le militantisme syndical.
Cofondatrice du Front Populaire Ivoirien (FPI), elle entre en politique active avec l’instauration du multipartisme. É élue députée d’Abobo en 1995, elle devient vice-présidente de l’Assemblée nationale jusqu’au coup d’État du général Robert Guéï en 1999. À travers ces responsabilités, elle s’affirme comme une personnalité politique influente, capable de défendre des positions fermes et structurées.
Avec l’élection de Laurent Gbagbo en 2000, Simone Ehivet devient Première dame et exerce une influence notable sur le président et les affaires du FPI. Elle dirige le groupe parlementaire de son parti, ce qui lui vaut le surnom de « Dame de Fer ».
Durant cette période, elle s’implique dans plusieurs initiatives sociales et politiques, consolidant sa réputation de femme de poigne et de militante engagée pour la justice sociale et le développement des communautés locales.
Après la chute de Laurent Gbagbo en 2011, Simone Ehivet est arrêtée. En 2015, elle est condamnée à 20 ans de prison pour atteinte à la sûreté de l’État. Sa détention et son procès symbolisent les tensions politiques post-crise et suscitent de nombreuses réactions au sein de la communauté internationale.
En 2018, elle bénéficie d’une loi d’amnistie signée par le président Alassane Ouattara, qui marque son retour dans la vie politique active.
En 2023, la justice ivoirienne prononce le divorce avec Laurent Gbagbo, mettant fin à un long compagnonnage politique et personnel.
En 2022, Simone Gbagbo fonde son propre parti, le Mouvement des Générations Capables (MGC), préparant son retour sur la scène politique avec une identité propre, indépendante de celle de son ex-mari.
Candidature à la présidentielle 2025
Simone Gbagbo annonce officiellement sa candidature pour l’élection présidentielle d’octobre 2025. Son programme met en avant :
? Réconciliation nationale, pour apaiser les tensions post-crises.
? Justice sociale, en particulier pour les populations marginalisées.
? Modernisation de l’État, avec des propositions sur l’administration et la gouvernance.Son défi principal reste la conquête d’un électorat au-delà de son cercle historique, tout en surmontant les suspicions liées à son passé.
Perspectives et enjeux
La candidature de Simone Gbagbo représente un moment fort pour la Côte d’Ivoire. Elle symbolise le retour d’une figure historique et offre une alternative politique tangible. Cependant, elle doit faire face à :
? La concurrence d’autres candidats de l’opposition et du pouvoir actuel.
? Les enjeux de crédibilité et de confiance auprès des jeunes générations.
? La nécessité de convaincre que son programme peut être concrètement mis en œuvre.
Son parcours illustre la complexité de la politique ivoirienne : mélange d’engagement syndical, de lutte pour le pouvoir, de controverses judiciaires et d’une volonté affichée de réformer et de réconcilier.
Simone Gbagbo revient sur la scène politique ivoirienne avec une volonté claire de marquer l’histoire. À 76 ans, elle incarne un mélange de résilience, de combativité et d’expérience politique. Sa candidature à la présidentielle de 2025 sera suivie de près par l’opinion nationale et internationale, et pourrait transformer le paysage politique ivoirien.
Belo
