Les propos du président intérimaire de l’Assemblée nationale, Jean-Claude Tshilumbayi, ouvrent un débat sensible sur l’équilibre institutionnel en RDC. En affirmant que « les élections du nouveau président et du rapporteur adjoint de l’Assemblée nationale n’auront lieu qu’après les orientations du chef de l’État », Tshilumbayi place de fait la chambre basse du Parlement dans une position d’attente vis-à-vis de l’exécutif. Une déclaration qui interroge, dans un contexte où la Constitution consacre pourtant la séparation des pouvoirs.
Cette posture a renforcé les soupçons exprimés depuis la démission contrainte de Vital Kamerhe. Beaucoup estiment que le chef de l’État aurait « lâché » son allié de toujours, sans jamais l’affirmer ouvertement. Le silence du président Tshisekedi face aux pressions des pétitionnaires a en effet été interprété comme un signal politique fort. En laissant les contestataires de Kamerhe agir, il a créé un vide qui a précipité la chute de l’ancien président de l’Assemblée nationale.
Interrogé sur les pétitions visant cinq membres du bureau, Félix Tshisekedi a pourtant rappelé qu’il ne comptait pas s’immiscer dans le fonctionnement interne du Parlement :
« Je suis le garant de la stabilité des institutions, mais cela ne m’autorise pas à m’immiscer dans leur fonctionnement. S’ils ont décidé de défier leur président, cela relève de leur gestion interne », a-t-il déclaré. Une précision qui contraste avec l’attente exprimée par Tshilumbayi.
Derrière ce jeu institutionnel, c’est toute la question du rapport de force entre la Présidence et l’Assemblée nationale qui se dessine. L’attente des « orientations » présidentielles fragilise l’image d’une institution parlementaire souveraine, et alimente l’idée que la majorité actuelle reste étroitement dépendante des choix du chef de l’État.
En attendant, l’incertitude perdure : la vacance du poste de président de la chambre basse devient un champ de manœuvres et de spéculations, où le futur scrutin interne pourrait redessiner les équilibres politiques au sein de l’Union sacrée et au-delà.
