En République démocratique du Congo (RDC), la Loi prévoit que tout travailleur a droit à un salaire conformément à son grade ou à la fonction qu’il exerce au sein d’une administration ou d’un service public. Le salaire de base est souvent suppléé par une prime qui répond à des nombreux paramètres notamment la prime permanente, les différentes primes ou autres gratifications, ou encore la prime des heures supplémentaires. Cette dernière catégorie de rémunération est celle qui pose souvent des problèmes car malgré l’existence d’un barème fixe mais ce dernier n’est pas appliqué conformément aux Lois du pays. Voilà pourquoi certains responsables s’enrichissent grâce à ces avantages constitutionnels au détriment du travail réel réalisé.
Les dernières révélations du site Ouragan.cd ont remis à la surface le débat sur les taux sur base duquel sont calculés les salaires ou primes de certaines autorités surtout politiques telles que le Président de la République, les membres du Gouvernement encore certains services spéciaux. Certes, la Loi consacre l’idée d’offrir des avantages supplémentaires à certains personnes en tenant des fonctions qu’elles occupent ou de l’ intensité des travaux qu’elles sont appelées à exécuter. Pour cela, il y a toujours des circulaires ou des arrêtés qui fixent les taux de ces primes par rapport aux grades des bénéficiaires. Hélas, cette enquête vient de démontrer que cette répartition n’est pas appliquée telle qu’il se devait.
En effet, sans pouvoir s’appesantir sur les chiffres, l’on constate que certains bénéficiaires reçoivent plus que prévu et d’autres ne touchent rien.
Il faut reconnaître que cette situation risque de s’empirer avec l’application du nouveau décret n°24/09 du 17 février 2024 dont l’exécution est reportée à partir du 1er Août 2024. Avec le gel d’un mois sur le calendrier de travail dans l’administration publique, ainsi que l’introduction de la semaine anglaise et la limitation des heures de travail de 8 à 17 heures, soit 45 heures la semaine, des amendements seront également portés sur le texte, question de garantir, entre autres, les avantages financiers à certaines catégories des travailleurs. Car de plus en plus, il y aura beaucoup d’occasion que le travailler se poursuive au-delà de 17h, sans oublier le week-end qui va prendre désormais deux jours donc samedi et dimanche.
En conclusion, les cabinets ministériels vont en tirer un véritable argument légal pour s’en mettre plein les poches en défaveur d’ autres catégories des travailleurs.
Il faut savoir que même si la répartition va être faite et publiée de la même manière pour tout le monde, il y en aura qui ne vont pas toucher leurs droits légitimes de primes des heures supplémentaires.
Voilà pourquoi, il convient que les syndicats se lèvent afin d’exiger des aménagements pour le paiement effectif et équitable de ces heures supplémentaires. Car habitués à rester au lieu travail ou arriver au delà des heures conventionnelles du travail, les cabinets politiques deviendront trop budgétivores. Alors que dans l’Administration publique, les Secrétaires généraux et leurs collaborateurs ou leurs agents ne vont pas toucher à ces avantages même s’ils travaillent après 17 heures.
Par ailleurs, si du point de vue légal, toute heure effectuée au-delà de la durée légale ordinaire du travail est, juridiquement, qualifiée « d’heure supplémentaire » cela oblige l’employeur à la majoration de la rémunération de l’employé. Il reste à savoir si ces heures dites supplémentaires servent réellement au travail au profit de l’Etat. L’on risque de retomber sur ce que l’on a dénoncé de «huit heures de service» et non «huit heure au service».
ATK
