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Le Secteur Minier Congolais En Question : Guy Loando Trace La Voie D’une Réforme En Profondeur

Invité récemment sur la chaîne YouTube de Willy Kalengayi, Me Guy Loando Mboyo, ministre d’État, est revenu sur les grandes lignes de son mémoire de DESS, soutenu à l’Université de Kinshasa, intitulé « L’accès aux activités minières et l’amélioration du climat des affaires en RDC ». Un travail qui vient remettre au cœur du débat national les vrais leviers du développement minier, et ceux qu’il juge indispensables pour transformer la richesse géologique de notre pays en bien-être pour ses populations.

Une richesse sous nos pieds, des défis en surface

La RDC regorge de minerais stratégiques, dont le cobalt, pour la transition énergétique mondiale. Pourtant, malgré cet atout, la majorité de sa population continue de vivre dans la pauvreté. Me Loando prend le pari de montrer que le problème n’est pas ce que nous avons dans le sous-sol, mais bien ce que nous faisons en surface avec nos lois et nos institutions — un cadre juridique et institutionnel qu’il juge aujourd’hui inadéquat pour attirer des investissements durables.

« Ce paradoxe n’est pas uniquement d’ordre économique, il est aussi juridique et institutionnel. »

« Nous sommes donc partis d’un constat. Comment expliquer un pays scandaleusement riche avec un sous-sol riche … mais sa population croupit dans la misère. »

Dans son mémoire, Guy Loando met en lumière les obstacles multiples : l’instabilité des contrats, la faible prévisibilité juridique, les lacunes dans la mise en application des lois existantes, et un cadre qui, selon lui, privilégie encore trop souvent les intérêts courts ou extérieurs au détriment de l’intérêt national.

Les prescriptions du mémoire : vers un cadre rénové

Le mémoire de Guy Loando propose une vision réformatrice articulée autour de plusieurs axes :

  1. Transparence et stabilité des contrats — Un contrat minier doit être clair, durable, protecteur des investisseurs, mais aussi de l’État et des communautés locales.
  2. Sécurité juridique et judiciaire — Loando insiste : « La sécurité juridique et judiciaire, c’est le socle du climat des affaires … tout celui qui veut investir en RDC doit savoir quels sont les instruments juridiques en place … »
  3. Protection des investissements et respect des engagements légaux, notamment en ce qui concerne les droits sociaux et environnementaux.
  4. Meilleure redistribution des richesses — Que les retombées minières profitent concrètement aux populations congolaises.

Guy Loando ne propose pas un renversement radical mais une refonte mesurée, une réforme qui combine attractivité pour les investisseurs et exigences de justice pour les Congolais :

« Il faut que les Congolais sentent que les mines sont une bénédiction, pas une malédiction. »

Du mémoire à l’action : ambitions scientifiques et politiques

Ayant obtenu la mention « grande distinction » à l’UNIKIN, Guy Loando ne voit pas ce mémoire comme un aboutissement, mais comme le point de départ d’un engagement plus large :

?      Il envisage de prolonger cette réflexion en thèse de doctorat.

?      Il évoque aussi la législation en cours, notamment la loi sur la recherche scientifique et l’innovation technologique, qu’il a fait adopter au Sénat, et qui est en voie de promulgation. (élément fourni dans vos textes)

?      Parmi ses rôles actuels, il est assistant à la recherche à la Faculté de droit de l’Unikin, promoteur de plusieurs campus universitaires, et auteur d’articles traitant notamment de la situation paradoxale : abondance géologique / pauvreté sociale. (éléments de vos textes)

Une évaluation du climat des affaires : progrès à consolider

Me Loando rappelle que le Code minier de 2018 représente une avancée importante, mais qu’il reste largement perfectible surtout dans son application.

« Le code minier 2018 est une amélioration très sensible qui doit être encadrée et orientée dans le sens du développement du pays. »

Il insiste sur le fait que ce n’est pas simplement la loi qui compte, mais la manière dont elle est appliquée, dans la stabilité, la justice, la prévisibilité toutes conditions essentielles pour restaurer la confiance des investisseurs, nationaux ou étrangers.

Les institutions et leur responsabilité

Selon Guy Loando :

?      L’État doit renforcer ses capacités institutionnelles pour veiller à ce que les titres miniers soient sécurisés, que les procédures soient claires, et que l’administration soit réactive et impartiale.

?      Il faut un dialogue constant entre les parties prenantes : Gouvernement, secteur privé, universitaires, communautés locales. Le développement ne sera durable que si tous se sentent impliqués.

?      Un accent particulier est mis sur la sécurité juridique et judiciaire, considérée comme le fondement d’un bon climat des affaires.

Pourquoi ce thème, pourquoi maintenant ?

Lors de l’interview, on lui demande ce qui l’a poussé à choisir ce double thème accès aux activités minières et amélioration du climat des affaires. Il répond qu’il s’agit de deux faces d’une même pièce. Sans accès clair, régulier, équitable aux activités minières, le potentiel national demeurera largement inexploité. Et sans ciel de confiance juridique et institutionnel, les investissements resteront au niveau des discours.

Le mémoire s’appuie également sur des fondements constitutionnels : notamment l’article 9 de la Constitution de la RDC, qui consacre la souveraineté de l’État sur le sol et le sous-sol, et la publication d’un inventaire national des ressources naturelles renouvelables et non renouvelables.

Impacts attendus : pour le présent et l’avenir

Voici ce que Guy Loando espère voir se réaliser :

?      Une amélioration concrète du climat des affaires, qui se traduirait par un accroissement du nombre d’opérateurs nationaux dans le secteur minier, une plus grande disponibilité de capitaux étrangers, et une dynamique économique plus inclusive.

?      Une redistribution plus équitable des richesses minières : emplois, infrastructures, services de base dans les zones minières, développement local.

?      Une cohérence accrue entre les politiques ministérielles, universitaires et législatives, pour faire de la recherche scientifique non un simple exercice académique, mais un instrument de transformation.

Le message de Guy Loando dans cette interview est clair : la RDC dispose des ressources, du potentiel humain, et des talents pour tirer profit de son sous-sol. Ce qui manque parfois, ce sont des lois appliquées, des institutions qui fonctionnent, un climat d’affaires stable, une vision nationale qui associe tous les congolais.

« Le problème n’est pas ce que nous avons dans le sous-sol, mais ce que nous faisons en surface avec nos lois et nos institutions. »

Le travail de mémoire qu’il a présenté n’est donc pas seulement académique : c’est une feuille de route, une invitation à agir, et une exigence pour les décideurs. Le secteur minier, dit-il, doit cesser d’être une promesse non tenue et devenir un véritable moteur du développement national pour que les mines soient une bénédiction, non une malédiction pour le peuple congolais.

                                                         Belo