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À L’Élysée, Un Dernier échange Avant La Cellule : Macron A Reçu Sarkozy Juste Avant Son Incarcération

 À quelques jours de son incarcération historique à la prison de la Santé, Nicolas Sarkozy a été reçu à l’Élysée. Une rencontre discrète, mais confirmée ce lundi par une source au sein de l’exécutif, validant une information révélée par Le Figaro. « Il a été reçu vendredi », indique sobrement cette source. Ni photo, ni communiqué officiel : l’échange s’est tenu à huis clos.

Le contexte de cette entrevue est inédit. Pour la première fois dans l’histoire de la République française, un ancien président s’apprête à passer ses nuits derrière les barreaux. Condamné le 25 septembre à cinq ans de prison, dont deux fermes, pour financement illégal de sa campagne présidentielle de 2007 via des fonds en provenance du régime libyen de Kadhafi, Nicolas Sarkozy est attendu mardi à la prison de la Santé.

Interrogé depuis la Slovénie, où il participait à un sommet européen, Emmanuel Macron a justifié ce tête-à-tête par une « obligation morale ». « Il était normal que, sur le plan humain, je reçoive un de mes prédécesseurs, dans ce contexte », a-t-il déclaré. Le chef de l’État a toutefois rappelé son attachement à l’indépendance de la justice, prenant soin de garder l’équilibre entre compassion personnelle et neutralité institutionnelle.

Un exercice d’équilibriste, dans une affaire où chaque geste est scruté, interprété, instrumentalisé.

Dans les rangs de la droite, l’émotion dépasse les clivages. Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur et proche de Sarkozy, a déjà annoncé son intention de lui rendre visite en prison. « Vous savez quoi ? J’irai le voir », a-t-il affirmé sur France Inter, avant de relativiser : en tant que ministre, il a toute légitimité à se rendre dans un établissement pénitentiaire. Mais c’est surtout en tant qu’“homme”, selon ses propres mots, qu’il compte le faire.

Même tonalité chez Gérard Larcher, président du Sénat (LR), qui salue le « courage » et la « dignité » de l’ancien chef de l’État. Une manifestation de soutien est d’ailleurs prévue mardi matin, à l’heure où Nicolas Sarkozy devra se présenter pour purger sa peine.

À la Santé, tout a été prévu pour éviter les incidents. Sarkozy sera placé à l’isolement, dans une cellule de 9 m², loin des regards et des tensions du quartier général. Selon ses proches, il aurait prévu d’y lire une biographie de Jésus, et “Le Comte de Monte-Cristo”, le classique d’Alexandre Dumas qui raconte le destin d’un homme injustement condamné.

Une allégorie à peine voilée. Pour ses partisans, c’est moins la condamnation que le mandat de dépôt immédiat qui choque. L’exécution provisoire de la peine, prononcée malgré l’appel, rend la détention effective sans attendre l’examen du recours. Or, tant qu’il est en appel, Nicolas Sarkozy reste présumé innocent. Un paradoxe que plusieurs juristes dénoncent comme une forme de dérive procédurale, malgré sa légalité.

Un récent sondage indique cependant qu’une majorité des Français approuvent la décision de justice. La figure politique reste polarisante, mais la clarté des faits semble peser lourd.

Ce mardi, Nicolas Sarkozy deviendra le premier ancien président de la Ve République à être incarcéré. Une bascule historique, aux résonances multiples, tant sur le plan politique que symbolique. L’histoire, dit-on dans son entourage, « n’est pas finie ». Peut-être. Mais elle vient de franchir un point de non-retour.