Une nouvelle crise sociale secoue l’Assemblée nationale. Ce lundi, sous l’esplanade du Palais du Peuple, les agents et cadres administratifs de la chambre basse du Parlement ont officiellement lancé une grève illimitée, dénonçant la précarité de leurs conditions salariales et exigeant des réponses claires sur des promesses non tenues.
Dans une déclaration publique lue devant le personnel mobilisé, leurs représentants ont annoncé : « Cette grève débute officiellement. Elle est illimitée et ne prendra fin que lorsqu’une solution concrète sera trouvée aux revendications du personnel administratif de l’Assemblée nationale. »
Une revendication salariale sur fond de controverses. Au cœur du conflit, une affirmation faite par le président a.i(intérimaire). de l’Assemblée nationale, l’honorable Tshilumbayi, lors d’une interview accordée récemment à Bruxelles. Celui-ci aurait déclaré que le salaire de base d’un huissier au sein de l’administration parlementaire s’élèverait à 2 500 dollars américains.
Une déclaration que les agents jugent mensongère et provocatrice : « Nous tenons à rétablir la vérité après l’interview du président a.i., l’honorable Tshilumbayi, donnée hier à Bruxelles, où il a affirmé qu’un huissier de l’Assemblée nationale perçoit un salaire de base de 2 500 dollars américains… Nous attendons que ces 2 500 dollars deviennent une réalité effective, puisque cette affirmation a été faite publiquement par voie de presse. C’est donc aussi par la presse que nous exigeons des réponses. »
Selon les grévistes, les salaires réels sont bien en deçà de ce montant. Un huissier ne toucherait même pas 1 million de francs congolais, soit à peine 400 USD au taux du jour. Certains directeurs de service ne percevraient même pas les 2 500 dollars évoqués. Une situation vécue comme une humiliation, avec des conséquences sociales directes : « Ces déclarations ont eu des répercussions négatives dans de nombreux foyers. Elles créent de la frustration, du découragement et de l’incompréhension. Ce que nous réclamons, c’est que le personnel administratif de l’Assemblée nationale perçoive effectivement ce montant déclaré publiquement. »
Un personnel apolitique, mais déterminé. Les représentants syndicaux ont également tenu à démentir toute connotation politique dans ce mouvement : « Nous mettons en garde toute personne qui viendrait dire qu’il s’agit d’un mouvement politique. Le personnel administratif de l’Assemblée nationale est apolitique. Nous sommes des cadres et agents, donc des fonctionnaires de l’État. »
Ils assurent rester ouverts au dialogue, mais conditionnent la fin de leur grève à une réponse concrète du bureau : « Nous restons ouverts à tout pourparlers, au cas où le bureau reviendrait avec une proposition conséquente. Mais nous tenons mordicus à voir clair sur les 2 500 dollars censés être versés. »
La grève concerne les services clés : secrétariat, logistique, administration générale, protocole… Autrement dit, les rouages invisibles mais essentiels au bon fonctionnement de l’Assemblée. Si elle se prolonge, cette grève pourrait fortement perturber les sessions en cours.
Ce mouvement est le reflet d’un malaise profond, alimenté par des années d’inégalités et de mépris institutionnalisé envers les agents administratifs. Les prochains jours diront si la pression portera ses fruits ou si la fracture se creusera encore davantage
Alors que les travaux parlementaires battent leur plein, cette grève des personnels administratifs pourrait ralentir, voire paralyser, les activités internes de l’Assemblée nationale
Un test politique pour le bureau, qui devra choisir entre dialogue constructif et gestion de crise. En attendant, les grévistes restent mobilisés. Et déterminés.
