Matadi, RDC – Les conducteurs de taxis et de motos de la ville portuaire de Matadi, chef-lieu du Kongo Central, sont descendus dans les rues lundi pour exprimer leur mécontentement face à la nouvelle grille tarifaire imposée par la mairie. Des manifestations ont été observées à plusieurs carrefours stratégiques, perturbant la circulation dans cette ville du sud-ouest de la République démocratique du Congo.
Cette tarification, entrée en vigueur le jeudi précédent, fixe désormais le coût d’une course en voiture-taxi à 550 francs congolais (FC), contre 700 FC auparavant. De leur côté, les chauffeurs de taxi-motos doivent désormais percevoir 500 FC, soit une baisse de moitié par rapport à l’ancien tarif de 1000 FC.
La mairie de Matadi justifie cette mesure par la réduction récente du prix du carburant à la pompe, elle-même attribuée à l’appréciation du franc congolais face aux principales devises étrangères. En d’autres termes, l’administration municipale entend aligner les prix du transport urbain sur la conjoncture économique actuelle.
Cependant, les chauffeurs dénoncent une décision prise sans concertation suffisante et jugée préjudiciable à leurs revenus, déjà fragilisés par le coût de la vie et les charges d’entretien de leurs véhicules.
« Nous ne sommes pas contre la baisse des prix, mais il faut que cela tienne compte de nos réalités. Nous payons des taxes, des amendes, et les pièces de rechange coûtent cher », a déclaré un conducteur rencontré sur l’avenue Kiamvu.
Cette mobilisation n’est pas la première du genre à Matadi. Déjà en 2019, une décision similaire de la mairie visant à encadrer les tarifs du transport urbain avait provoqué plusieurs jours de grève, paralysant les activités économiques locales. Les chauffeurs avaient alors obtenu une suspension temporaire de la mesure après des négociations avec les autorités provinciales.
Le transport urbain dans la ville de Matadi, principale porte d’entrée maritime du pays, joue un rôle crucial dans la mobilité des habitants et l’acheminement des marchandises. Toute perturbation dans ce secteur se répercute donc directement sur le commerce et la vie quotidienne.
En attendant une issue, la mairie appelle les conducteurs au dialogue, tandis que la population, elle, reste partagée entre le soulagement face à la baisse des prix et la crainte d’une paralysie prolongée du transport urbain.
