Face à une recrudescence inquiétante des actes de criminalité, la police nationale congolaise a annoncé un renforcement de l’opération « Kanga Kanga », une vaste campagne de traque des gangs urbains connus sous le nom de « Kulunas ».
Cette intensification a été officiellement lancée vendredi 31 octobre lors d’une grande parade au stade des Martyrs, en présence des hauts gradés de la police. L’objectif : restaurer l’ordre et la sécurité dans la capitale congolaise, aujourd’hui en proie à une vague de violences qui s’étend jusque dans les quartiers périphériques.
Une nouvelle phase d’une opération déjà en cours
Lancée il y a plus d’un mois, l’opération « Kanga Kanga » littéralement « arrêter sans pitié » avait jusqu’ici produit des résultats mitigés. Le commissaire provincial de la police de Kinshasa, le général Israël Kantu, a ainsi ordonné le déploiement d’un millier de policiers supplémentaires afin d’intensifier la présence des forces de l’ordre sur le terrain.
Les agents recevront de nouvelles consignes axées sur le contrôle des zones dites « rouges », particulièrement touchées par les agressions, braquages et cambriolages. Des patrouilles de proximité seront désormais organisées, maison par maison, rue par rue, pour identifier et neutraliser les membres des bandes armées qui sèment la terreur.
Sécurité ou dérives ?
Si cette démonstration de fermeté est saluée par une partie de la population, lassée par l’insécurité quotidienne, les organisations de la société civile appellent à la prudence. Plusieurs ONG redoutent des dérives policières et dénoncent le risque d’arrestations arbitraires ou de violences gratuites à l’encontre des jeunes issus des quartiers populaires.
Elles annoncent une surveillance citoyenne renforcée pour s’assurer du respect des droits humains pendant les opérations.
Un enjeu majeur à l’approche des fêtes
À l’approche des fêtes de fin d’année, période souvent marquée par une hausse des vols et agressions, les autorités espèrent que cette nouvelle phase de « Kanga Kanga » permettra de rassurer les Kinois et de redorer l’image d’une capitale minée par l’insécurité.
Mais sur le terrain, beaucoup restent sceptiques. Entre la peur des bandits et la méfiance envers une police parfois accusée d’excès, la population attend des résultats concrets et durables une promesse que les autorités peinent encore à tenir depuis plusieurs années.
