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2005- 2025, 20 Ans Après L’Année Internationale Du Microcrédit

La République démocratique du Congo a été recemment au centre d’un scandal hors du commun qui continue à defrayer la chronique. Il s’agit d’un recent rapport de la Banque mondiale qui souligne que 85,3 pourcent des Congolais vivent dans l’extrême pauvreté avec moins de 3 dollars américains par jour. C’est vraiment un contraste au regard de plusieurs richesses du sol et sous sol dont régorgent la RD.Congo. Pays qualifié de veritable scandale géologique mais la majortité de sa population vit dans une extreme pauvreté. La population manque quasiment tout: l’emploi, manque criant  des ressources financières, en ayant un accès limité à la santé , à l’éducation voire l’eau potable. L’économie congolaise étant dominée par les étrangers et malgré la volonté des nouveaux dirigeants de créeer une nouvelle race des millionnaires Congolais. Malheureusement sur terrain c’est toujours l’extrême pauvreté. C’est l’occasion aussi d’intérroger l’histoire 20 ans après depuis que l’ ONU avait décrété l’année 2005 année de microfinance quelles sont les avancées significatives en RD.Congo

Qu’entend-on par microfinance ?

L’activité qui consiste à prêter de l’argent, généralement un faible montant et pour une durée courte, afin de permettre aux exclus du système bancaire de développer un projet professionnel générateur de revenus, est connue sous le nom de microfinance. Les entités qui, localement à l’échelle d’une ville, d’une région ou d’un pays, exercent l’activité de microfinance portent le nom d’Institutions de Microfinance (IMF). On les appelle également « Banques des pauvres ». Il s’agit généralement d’ONG ou de coopératives mais elles peuvent également prendre la forme d’une société (ayant parfois le statut de banque). C’est ce qu’a dit en substance, François Plantureux un ancient Conseiller pour le développement international de Dexia Crédit Local, la banque spécialisée dans le financement des collectivités locales.

Il y a dans le monde des milliards des personnes qui vivent avec moins de un dollar par jour. Parmi elles, un grand nombre de microentrepreneurs potentiels ont envie de démarrer une activité génératrice de revenus. Malheureusement, n’ayant pas accès au système bancaire, ceux-ci n’arrivent pas à réunir les fonds nécessaires pour la réalisation de leur projet. La microfinance, en accordant des prêts de faible montant (microcrédits) aux exclus du système bancaire qui ont un projet professionnel, leur permet de s’en sortir. Aujourd’hui, ils sont des millions dans le monde à bénéficier d’un microcrédit mais ils sont encore plus nombreux à pouvoir y prétendre, sans qu’une réponse positive puisse leur être donnée, faute de moyens.

L’histoire de la Grameen Bank

La Grameen Bank, au Bangladesh, a été le précurseur des IMF. Il a été fondé par le  Professeur Muhammad Yunus. La Grameen Bank a vu le jour en 1983, avec l’aide de l’Etat qui apporte 60 % du capital.

Au cours du temps, la Grameen a mis au point des procédures très efficaces. En premier lieu, la constitution de groupes d’emprunteurs (5 personnes sans liens familiaux). L’appartenance à un groupe donne aux pauvres une sensation de sécurité. Ils bénéficient du soutien et de l’émulation des autres et leur comportement en devient plus fiable. Les demandes de prêt individuel doivent être approuvées par le groupe qui, dès lors, endosse une certaine responsabilité. En cas de difficulté de l’un d’entre eux, les membres du groupe s’entraident. Le groupe doit d’abord suivre une formation pour lui permettre de comprendre le fonctionnement du système et les cinq membres du groupe doivent réussir un test pour que le système soit mis en œuvre. Deux premiers bénéficiaires reçoivent leur prêt, puis deux autres, seulement si les deux premiers remboursent leurs échéances de manière satisfaisante et, enfin, le dernier, généralement le Président élu du groupe. Autre innovation apportée par la Grameen dans ses modes de fonctionnement avec ses clients, les emprunteurs n’ont pas à venir au guichet des agences, ce sont les credit officers qui se rendent sur le terrain, d’abord pour aider à la constitution des groupes puis ensuite pour organiser les réunions hebdomadaires et s’assurer du bon déroulement des opérations.

Les IMF face au PDLT

 A la question de savoir ce qu’on peut faire pour sortir durablement la population Congolaise de la pauvreté, le professeur Daddy Saleh, expert en Dévelopement a souligné il y a peu que cela exige une politique protectionniste. Il a invité le gouvernement congolais à favoriser l’émergence de nombreux hommes d’affaires congolais dans divers secteurs. “Etant donné qu’au stade actuel, l’économie du pays est contrôlée par les étrangers et les fuites des capitaux sont énormes.” a conclu le scientifique.          

Il convient de souligner que les Objectifs du Programme de dévelopement de 145 Territoires (PDLT) consistent à reduire les inégalités et la pauvreté entre les territoires, de transformer les conditions des vie des populations en ameliorant l’accès au services de base et de dynamiser les économies locales. Pour cela, il vise à construire des infrastructures de qualité, à renforcer l’Etat et à bâtir la confiance entre l’Etat et les communautés. Un autre objectif consiste sans doute à dynamiser les économies locales en créant des opportunités d’emploi avec possibilité d’accroitre la compétitivité locale.

Manque criant des infrastructures bancaires et des micro finance

Contre toute attente, les concepteurs du PDLT n’ont pas pris en compte le développement des infrastructures bancaires qui font défaut dans plusieurs provinces issues du decoupage terriritoriale de 2006. La Banque Centrale du Congo qui est la Banque des banques  devrait en principe avoir des succursales dans toutes les 26 provinces. Curieusement à l’heure actuelle, la BCC ne dépasse même pas plus de 10 succursales sur l’ensemble du territoire national. Dans plusieurs provinces, il n’existe même pas une seule structure bancaire. A titre indicatif, dans le Grand Bandundu qui a été scindée en trois provinces autonomes, les provinces du KWANGO et INONGO dependent toujours du Kwilu en sacrifiant des millions des congolais qui doivent effectuer des milliers de kilometres à pieds soit en utilisant parfois des engins de la mort   pour effectuer des operations bancaires. A leur risques et peril. ”Le plus grand territoire d’Oshwé qui équivaut à lui seul à 4 pays éuropéens de l’Ouest n’a aucune structure bancaire ni une structure de micro finance. Les gens vivent dans une extreme pauvreté. Il y a ici parfois absence des gros signes monétaires. Les habitants utilisent même des petites coupures déjà démonétisées à Kinshasa de 20 Francs et d’autres petites coupures. On y pratique encore le troc jusqu’à ce jour pour espérer avoir les biens de première necessité”,- a dit M. Mbo B. un ancien habitant de cette partie du territoire national.

La microfinance est-elle efficace ?

Il n’est pas surprenant qu’une activité qui se développe aussi rapidement et avec autant de succès suscite des jalousies et des critiques. Mais il est normal de se poser la question : est-ce que la microfinance peut lutter efficacement contre la pauvreté ? Il s’agit d’un problème complexe. Les causes de la pauvreté sont multiples et difficiles à établir. Augmenter les revenus des pauvres est nécessaire mais les problèmes de santé et d’éducation sont également importants. C’est tout le problème du développement.

Bien que certains reprochent à la microfinance d’être un accélérateur de différenciation sociale, créant un nouveau fossé entre ceux qui en bénéficient et les autres. C’est vrai mais cela devrait inciter les autres à s’y engager !

Bien que les critiques existent. Mais elles ne remettent pas vraiment en cause le bien-fondé de la microfinance. Et, surtout, elles n’offrent aucune solution alternative.

La charité est indispensable pour faire face aux situations d’urgence. Mais, pour lutter efficacement et durablement contre la pauvreté, la charité n’est pas la solution. Elle a un effet pervers en n’encourageant pas les initiatives des pauvres et en créant un assistanat qui contribue à perpétuer la pauvreté. La vraie solution consiste plutôt à donner aux pauvres des moyens pour qu’ils puissent se prendre en charge et construire un projet qui leur permettra, outre d’en tirer des revenus, de reconstruire leur identité et de retrouver une dignité.

Mise en oeuvre de la dynamique communautaire du DSRP 

Il a été approuvé lors de la redaction du DSRP (Document de Stratégie de la reduction de la pauvreté) que la pauvreté a atteint un stade insupportable et extrême à travers toutes les provinces de la RDC. Suivie d’un manque criant d’infrastructures de base. Le coordinateur national de l’Unité de production du processus DSRP, le prof Kalonji Ntalaja a suggeré que tous les dirigeants Congolais puissent s’appuyer sur l’approche de  la dynamique communautaire qui avait ses preuves lors des moments de crise (différents pillages) de triste memoire qui ont accéléré le délabrément du tissu économique du pays. Malheureusement tous les gouvernants depuis 2005 n’ont jamais mis en pratique les différentes recommandations.

  La microfinance n’est certes pas la panacée universelle dans la lutte contre la pauvreté mais elle constitue un instrument très efficace qui s’inscrit bien dans une stratégie de lutte durable contre la pauvreté. Et la preuve en est que l’accès au microcrédit a complètement changé la vie de dizaine de millions de pauvres à travers plusieurs pays tant en Afrique  qu’ailleurs.

G.NGAMYS