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Vendeuses Des Pains: Des Héroïnes Oubliées

Les Mamans vendeuses des pains sont des héroïnes souvent oubliées. Votre journal Le Travailleur s’est intéressé à cette catégorie des bosseuses qui sont souvent des laissées pour compte de la société et pourtant leur impact se fait de plus en plus sentir dans leurs milieux de vie. Dans cette livraison, nous vous présentons trois vendeuses qui représentent trois générations. Madame Marie surnommée «Ateka Kala» vendeuses de pain depuis 1972 (soit 52 ans) d’expérience, MEMBILA, depuis 1990 qui coïncide avec les années des pillages (soit près de 34 ans) et Pauline, vendeuse depuis les débuts de l’an 2.000 (soit 24 ans). Les trois femmes invitées de votre Hebdo « Le Travailleur» racontent leurs aventures dans la vente des pains, les bons souvenirs et leurs difficultés au quotidien. Un exercice très difficile qui exige qu’on puisse se lever très tôt chaque joue entre 3 heures et 4 heures du matin avec risques de croiser les délinquants de toutes sortes et autres «Kuluna».

PLUS DE 50 ANS AU SERVICE DES COMMUNAUTES DE BASE

 Marie «Atekakala» reconnait que durant toute sa vie c’est la vente des pains qui a toujours constitué la base de ses activités. «Au début vers les années 1972, j’étais encore très jeune et on vendant toutes sortes de pain et notre petit commerce était florissant. Et la majorité des femmes dépendaient de leurs maris et l’économie du pays marchait encore normalement. Vers les années 1980, c’était l’essor des industries de panification comme QVO VADIS, et UPAK et tout marchait bien» a dit Maman Marie. Avant de regretter que les temps ont beaucoup change avec la multiplicité des vendeurs.

«Avant, je pouvais écouler même les pains de 150.000 FC sans problème. Aujourd’hui, on préfère réduire la commande même à 100.000 FC pour éviter les invendus. Nous sommes payées à la quinzaine moyennant notre pourcentage de vente qui oscille autour de 20 à 25 pourcent», a-t- il ajouté.

Parmi les souvenirs, elle réticente la scolarité de tous les enfants qui sont devenus tous autonomes dans la vie.

2. MEMBILA: LA RÉDUCTION DU POUVOIR D’ACHAT DES PARENTS AFFECTE TERRIBLEMENT NOS VENTES

«J’ai commence cette activité au début des années 1990 après les pillages qui a affecté le travail de mon mari. La vente ds pains nous a permis de réaliser beaucoup des choses et surtout la scolarisation des enfants. Elle m’a permis aussi d’acheter deux lopins de terre vers le nouveau quartier Badara dans la commune de la Nsele. Sur le premier terrain, j’ai construis un hangar ou j’ai mis un locataire tandis que le deuxième est en construction», a-t- elle soutenu. Elle a enfin déploré la baisse des activités parce qu’avant, elle pouvait attendre l’équivalent de 200 ou 300.000 FC le jour. Mais aujourd’hui nous sommes obliges de réduire sensiblement nos commandes au risqué de connaitre beaucoup d’individus. La situation à la base de cette réduction des recettes est imputable à la conjoncture actuelle. Le manqué d’emploi et l’effritement du pouvoir d’achat des parents qui font que prendre le petit déjeuner le matin déviant un luxe pour la majorité des parents. Ces derniers préfèrent le riz ou le Fufu (la boule nationale) à la place du thé.

Il appartient au gouvernement d’augmenter le pouvoir d’achat des fonctionnaires et  travailleurs  qui ne peuvent pas nouer les deux bouts du mois avec leurs salaires.

3. PAULINE: LA VENTE DU PAIN NE SUFFIT PLUS, IL FAUT DIVERSIFIER LES ACTIVITÉS

 Pour Pauline qui a commencé  au milieu des années 2000 totalise aujourd’hui près de 20 ans dans cette profession de vente des pains.

« Mon mari est souffrant et par terre depuis 9 ans. C’est grâce à cette activité de la vente que nous essayons de survivre. Au début on pouvait atteindre même 7 à 8 bacs de commandes par jour. Malgré les différentes charges, je peux avoir 280 à 300.000 FC le mois, soit plus ou moins 100 dollars américains hormis les autres dépenses. Je rends gloire à Dieu car mon fils ainé qui est diplômé en mécanique est devenu ajusteur et il gagne normalement sa vie. Sa jeune sœur est devenue couturière diplômée. Mes petites économies ont permis de lui acheter une machine à coudre afin de lui permettre de commencer son atelier. Un autre souvenir c’est sans doute l’achat d’un lopin de terre qui nous a permis de construire un studio. Je ne suis plus locataire», a-t- il soutenu.

Parmi les difficultés, l’emplacement du lieu de vente influe aussi sur notre petit commerce qui fait face à une concurrence très rude sans précédent. Ces derniers temps, on fait face à certaines dettes des clients véreux qui paient parfois le jour suivant.

Il nous faut parfois emprunter pour totaliser la commande. Le fonds pour le petit commerce déviant de plus en plus dérisoire et pose problème et il n’y a aucune structure pour soutenir les efforts des femmes. D’où la nécessité de diversifier le petit commerce au lieu de s’attacher seulement au pain qui n’est plus très rentable par rapport au passé.

Godefroid Ngamys